SCÈNE VIIL
Les Mêmes , LES GARÇONS DE RECETTE.
(La famille Marignon et Moulinet remontent la scène et se tiennent à l'écart.)
IVAN , aux garçons.
Veuillez attendre ici. Messieurs.
(Il sort.)
DURAND
Eh bien ! que pensez-vous que nous soyons venus faire chez ce riche étranger?.. Il s'agirait de transporter à la Banque tous les millions de la Russie qu'on n'aurait pas mis plus d'importance et de mystère à nous faire venir.
premier GARÇON.
Je pense qu'il faut un bien puissant motif, puisque cet ordre nous est venu de M. le Régent.
DURAND
Et nous sommes ici toute l'ancienne quatrième brigade.
deuxième GARÇON.
Oui, tous, excepté deux.
DURAND
Joseph Duval... et ce pauvTe Marignon.
MARIGNON.
Mon nom... ils se sont souvenus de moi.
premier garçon.
L'un a pris Ja fuite, ei l'anure...
DURAND
Le malhemeux est mort peut-être de déses* poir.
marignon, s'approchant.
Non, non, mes amis!.. (S'arrachant des mains de son fils et de Moulinet.) Me voilà !.. j'existe encore !
TOUS
Marignon !
MARIGNON.
Je vous revois... Oh ! vous ne m'avez pas condamné, vous?., (ils détournent la tète et s'éloignent de lui.) Ils s'éloignejit de moi... ils ne veulent plus me croire... Et je pensais, en revoyant cet habit que j'ai porté vingt-cinq ans avec honneur... en retrouvant ceux que j'appelais mes frères ; je pensais qu'eux, du moins, me rendraient justice... et pas une main n'a pressé la mienne... Ils me repoussent, ils me croient coupable... Oh! te coup est le plus terrible de
38 LES GARÇONS
DURAN'd, bas à Marignon. ^
Marignon, innocent ou coupable, (Lui tendant la main de côté, et sans ctre vu des autres qui causent entre eux.) je n'ai jamais été que ton ami, ton frère , et non pas ton juge.
MARlGi>'0N, embrassant sa main qu'il baigne de ses larmes.
Oui, mon ami, mon ;frère... Oh! merci!
merci !