SCENE PREMIERE
UN AFFIDÉ DU DUC DE BOURGOGNE, nUGONNET.
Au lever du rideau, deux personnages enveloppes d
HUGONNET
N'étes-vous donc porteur pour moi d'aucune lettre, d'aucun raes?agel
l'affibé.
Ni lettre ni message, monseigneur; dans le métier que nous faisons tous les deux en ce moment, il ne faut aucun écrit qui puisse compromettre. ..
HUCONNET.
C'est donc de vive voix que tu me feras connnitrc les conditions du duc de Bourgogne? l'affidé.
ne même que de vive voix tu me diras les tiennes.
HOGONNET.
Misérable! qui t'a rendu si hardi que tu oses parler de la sorte à un gentilhomme î l'affidé.
Qui vous dit que je ne le suis pas comme vous?
nUGùNNBT.
Toi ! choisi pour une telle mission !
l'affidé.
Quand un baron vend son pays, celui qui vient Tacheter peut bien élre comte ou duc.
HUCONNET.
Venons au fait!
l'affidé.
Soit I pour vous le commandement d'une province à votre choix, dix mille écus d'or et l'estime des honnêtes gens... qu'offrez- vous en échange?
nUCONNET.
La ville de Beauvais dans trois jours.
l'affidé.
Sitôt?
IIUGONNET.
Toute la noblesse est mécontente de Louis de France, dont la politique est de flatter le peuple en humiliant les grands. Gouverneur de la ville, j'ai en réserve certains édits que je publierai dès demain, et qui mettront le mécontentement à son comble!
l'affidé.
Bien, mais le populaire?
HCCONNET
La famine commence à le ronger, la garnison est faible et se décourage... Demain aussi je ferai lever de nouvelles dîmes et de nouveaux impôts. l'affidé.
A merveille ! et vous laisserez courir par la ville les promesses écrites que j'ai fait répandre, et par lesquelles monseigneur de Bourgogne offre aux bourgeois et manans l'abolition des corvées et redevances.
HUGONNET
Que ce matin l'armée de Bourgogne soit en vue de Beauvais, les portes lui seront bientôt ouvertes. l'affidé.
El(e y sera.
HUGOKNET.
silence! on vient de ce côté.
l'affidé.
En effet.
UlCONNET.
C'est la garde bourgeoise... éloignez-vous; si l'on vous surprenait..
l'affidé.
Bah ! qu'ai -je à craindre? le gouverneur de la ville répondrait de moi; ne serait-ce pas caution suffisante?
HUGONNET
Moi, je ne vous connais pas, et je vous ferai» pendre.
l'affidé.
C'est juste! au revoir, alors
lit sort.
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