SCENE II
nUGONNET, DE VILLIERS, JACQUES, BONA- VENTURE, Bourgeois armés.
HUGONNET
11 était temps qu'il s'éloignât. {Allant aux Bourgeois.) Qui vous commande, messieurs les bourgeois?
DE VILLIERS
Moi, sire Hugonnet.
HUGONNET
Ah I ah 1 messire de Villiers ! et n'est-ce pa» votre fils que je vois à vos côtés? oui, vraiment... vous voilà tous deux donnant l'exemple et faisant bonne garde pour conserver au roi Louis sa ville de Beauvais, c'est bien !
DE VILLIERS
Dites plutôt, monseigneur, que nous veillons pour maintenir le bon ordre dans notre ville.
JACQUES
Le Bourguignon peut dans quelques jours assiéger nos portes; alors nous nous ferons tous tuer s'il le faut, mais pour le pays seulement. BONAVENTURE, datis les rangs.
Noél au sire de Villiers !
DE VILLIERS
Qui parle ici?
BONAVENTURE
Moil
HUGOKNET.
Qui, VOUS?
Eh bien, moi donc, Bonaventure Galland , le neveu de mon oncle, le gardien de la porte d'Amiens.
DE VILLIERS
Silence !
HUGONNET, à (le YUUcrs .
Vous vous plaignez à tort du roi Louis; ne montre-t-il pas grande confiance dans sa noblesse de Beauvais? il sait que son courage suffira pour défendre la ville, c'est pour cela qu'il garde près de lui sa nombreuse armée.
DE VILLIERS
Oui, certes, il faut qu'il ait en nous une confiance sans bornes, puisqu'il nous laisse maitre» ici en même temps qu'il nous dépouille de no» fiefs et privilèges -
JEANNE HACHETTE
nUCONNET.
Baron de Villiers , j'oublie les paroles que je viens d'entendre, mais gardez-vous de les prononcer de nouveau... la volonté du roi est toutepuissante, et tous doivent baisser la tête devant elle.
DE VILLIERS
Tous?
HUCOSSET.
Le roi devra d'ailleurs récompenser votre fidélité; car si vous pouvez lui être un utile serviteur, vous lui seriez aussi un bien puissant ennemi; bourgeois et paysans n'obéissent guère qu'à vous
DE V1LLIEB5.
Que Louis se rappelle mieux que Charlemagne faisait soutenir sa couronne par ses douze pairs qui représentaient la noblesse de l'empire; si Louis la veut porter seul, elle pourra devenir trop pesante et lui glisser du front.
UUGONNET.
Sire de Villiers, prenez garde !
DE VILLIERS
Nous défendrons le pays, sire gouverneur, que Dieu protège le roi !
HCGONNET , à part.
Bien, le voilà tel que je le voulais. (Uaut.) Continuez votre ronde, messire; je vais prendre connaissance de nouveaux édiis que le roi m'a fait transmettre.
Il sort.