‹ Magasin théâtralChapitre 321 sur 1711 · PLUSIEURS FUYARDS · texte numérisé non relu

PLUSIEURS FUYARDS

Les voilà! les voilà!

PEREZ, les arrêtant.

Lâches, où courez-vous?

Jeppo, à ce cri : les voilà ! perd la tête et se jette derrière un saint q-ui est dans sa niclie , au coin d'une des maisons de droite.

JEPPO.

Saint François, protéixez-moi !

PEREZ, regardant autour de lui.

Jeppo, allons, voici l'instant... Par où est-il donc passé? v// l'aperçoit derrière le saint.) Comment?

JEPPO.

Chut! ne dites rien, je suis en embuscade. (Il appuief son fusil sur l'épaule du saint, et lui dit à l'oreille.) 0 mon grand saint François, leuezvous ferme et cachez-moi bien.

JOSÉ, sur le balcon.

Amis, amis, ne restez pas à découvert; retranchez-vous dans vos logis, la guerre est plus sûre et moins meurtrière; ne laissez rien au hasard.

JEPPO.

Digne homme, va! pourquoi n'avoir pas ditcela plus tôt ? tu m'aurais sauvé déjà bien des frissons ; à chaque éclat de fusillade, je reçois le contrecoup dans les coudes et au milieu du dos. PEREZ, à la barricade, aux gens du peuple qui restent prés de lui.

Il sera toujours temps de nous replier après avoir brûlé la moustache aux plus pressés. A vous l'exemple!

n fait feu sur un soldat qui parait au bout de la rue. Fusillade. Des voltigeurs français paraissent. JEPPO.

Attendez donc, voilà des balles qui passent, je n'ai pas envie de les rencontrer en route. ( Au moment où Jeppo baisse le nez, arrive une balle qui brise la tète du saint; Jeppo tombe à genoux der- \ riére.) Ah! grand saint François, ils vont te dé- I molir: la place n'est plus tenable.. lesmécréans! ils ne respectent pas mémo les saints.

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