SCENE IL
Les Mêmes, DANIEL.
DANIEL, paraissant sur le ponl; il est ]Hilc et marche avec peine, comme s'il avait le mal de mer. Un baptême!... qui donc c' qu'on va baptiser?
TOUS
Ah î ah! v'ià le Champenois...
GRAINDKSEL, Criant avec les autres.
Ah! ah! ah ! regardez donc comme il est pâle !
JEAN
Il ne se fait pas au métier; il n'a pas encore le pied marin.
Eh bien! mon élève, est-ce que ça ne va pas? est-ce que nous avons encore besoin des soins du docteur?
DANIEL
Du tout, du tout... attendez un peu... ça va... ça va très-bien... seulement... ohl c'est singulier, le drôle d'effet que ça me fait! j'ai comme qui dirait des éblouissemens... des étourdissemens... il me semble que je vois tout pirouetter autour de moi... et puis au moment oii je commence à me remettre, où je me figure que je suis bien solide sur mesjambes...(// culbuie et va tomber auprès du grand mât. ) C'est égal, sacristie! j'étais né pour la marine.
Tous, riant aux éclats, le ramassent et viennent le faire asseoir.
JEAN
Allons, allons, reviens à toi, mon garçon... v'ià r roulis qui s'apaise, et il n'y a plus de danger.
DAKIBL , respirant.
Ahl... mais qu'est-ce que vous disiez donc? Vous parliez de baptême, n'est-ce pas?
PARISIEN
Oui, Champenois, le baptême du bonhomme Tropique... Il ne te manque plus que ça pour être bon matelot.
DANIEL
Est-ce qu'il faudra encore abouler des ecus de six livres?
Tant plus que t' en auras, tant plus que ti* voudras en aveindre, tant plus que le père la Ligne en acceptera.
DANIEL
Et pour mon argent , qu'est-ce qu'il me donnera ?
LE PARISIEN
Le bapt<}nnc.
JEAN
Un petit verre d'enii sur !.i tête.
GUAINDKSKL.
C'est moi qui m'en rhnrf^c, sois tranquille.
UAMKL.
Un petit verre d'eau ?