JOLIBOIS, LÉONOR
LÉONOR
Nous sommes seuls, parlez, éclaircissez un mystère que je ne puis comprendre.
JOLIBOIS
D'abord je ne suis qu'un colporteur postiche; j'ai pris ce déguisement pour arriver jusqu'à vous.
LÉONOR
Juste ciell
JOLIBOIS
Vous rappelcz-TOus ce troupier français qui s'est présenté chez vous avec un billet de logement?
LÉONOR
Vous seriez...
JOLIBOIS
Précisément.
LÉONOR
Imprudent!
JOLIBOIS
On n'a pas le moindre soupçon.
LÉONOR
Mais pourquoi?... dans quel but avcz-vous osé pénétrer en ces lieux ?
JOLIEOl's.
Voilà la chose. Lorsque votre père vous eut emmenée de la maison, mon lieutenant me dit comme ça: Jolibois, il faut que je connaisse Ja retraite de celte belle demoiselle; je veux qu'elle sache mon chagrin, mon désespoir pour le désa-
grément que je lui cause... là-dessus, je me suis mis en campagne, j'ai appris que vous étiez renfermée dans ce couvent, alors je me suis procuré ces habits, celle balle, et avec l'audace caractéristique du troupier français, j'ai pris le lieutenant sur mon dos.
LÉONOn.
Que dites-vous?
JOLIBOIS
Ah ! imbécile que je suis, je voulais dire la balle sur mon dos et le lieutenant dans la balle.
LÉONOR
Grand Dieu I
JOLIBOIS
J'vous ai dit ça plus vile que j' voulais; maie c'est que, voyez-vous, nous n'avons pas de temps à perdre.
LÉONOR, à part.
Miséricorde !
-.NATOLE, s'clançant hors de la balle Enfin!
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