‹ Magasin théâtralChapitre 350 sur 1711 · JOLIBOIS, LEONOR, ANATOLE · texte numérisé non relu

JOLIBOIS, LEONOR, ANATOLE

LÉONOR, courant à Anatole.

Malheureux, fuyez, fuyez...

ANATOLE

Fuir! sans vous avoir parlé.

LÉOMOR.

Partez ! partez 1 JOLIBOIS, bas à Anatole, qui paraît intimidé et indécis.

Chaud... chaud, lieutenant, ne vous laissez pas démoraliser.

LÉonoR 0 mon Dieu, mon Dieu...

JOLIBOIS, à Anatole, Allons, vivement, j' vas faire le guet.

LÉONOR, à Atmtole.

Mais, au nom du ciel, monsieur, ne restez pas un instant de plus ici.

ANATOLE

Il n'y a pas le moindre danger.

LÉONOR

Oh! par grâce, par pitié, voyez l'étal où je suis, vous me faites mourir de frayeur

ANATOLE

Calmez cet effroi, mon fidèle sergent veille sur nous ; et puis, quoi qu'il puisse arriver, il faut que je vous parle. Allons, c'est ça, de l'aplomb.

LÉONOR

Mais, monsieur, votre conduite...

Est toute naturelle ; l'occasion est trop favorable pou.r que je la laisse échapper,

JOLIBOIS

Hardi, lieutenant, courage 1

LEONOR

Monsieur, je n'ai fait entendre jusqu'ici que des prières... je commanderai maintenant ; sortez, Jo vous l'ordonne

ANATOLE, intimidé.

Vous exigez?

LËONOR.

Sortez, monsieur, sortez, ou j'appelle.

ANATOLE, avec embarras.

Non, non, vous ne ferez pas cela

LÉONOU.

Ehl pourquoi donc?Qu'ai-je à craindre? suîs-je la complice de votre témérité, de votre audace ?

ANATOLE

Léonor 1

LÉONOK, continuant.

Vnii> ai-Je donné le droit de violer la sainteté de CCI asile, de vous introduire ici 7

Daignez m'écouter.

LÉONOR

Pour la dernière fois, sortez, ou les habitans de cette maison vont accourir à mes cris, et en présence de tous j'appellerai sur votre tête la colère et la vengeance de mon père.

ANATOLE

Arrêtez... oui, j'ai eu tort, je suis coupable, mais mon cœur, mon esprit, tousmes sensboulever ses, et puis, désespéré, croyant que vous daigneriez... Je ne sais plus ce que je dis, pardon, c'est que, voyez-vous, sans usage du monde, je n'ai pas l'habitude... et malgré moi je me trouble, je me... Oh! je me souffletterais volontiers...

jonBOis, aecourant.

Ehl vite, vite, assez causé, voilà du monde.

ANATOLE

Eh quoil

JOLIBOIS

Partons, partons...

ANATOLE

Mais...

LÉONOR

Partez sur-le-champ, sans délai; je consens à me taire.

JOUBOIS.

Hàtons-nous !

Mais je ne lui ai rien dit encore.

JOLIEOIS.

Ça s'ra pour une autre lois; en route.

LÉONOU.

On monte l'escalier.

ANATOLE, s^adres&ant à Léonar.

Mais sachez au moins...

JOLIBOIS, poussant Anatole jusqu'à la balte. Rentrez au nid.

ANATOLE, avec dépit.

Oh ! s'il n'y a pas de quoi...

11 entre dans la Lalle , et Jolibois pousse sur lui les deux battans de la balle sans les fermer au crochet.

LÉONOR, à elle-même*.

La peur me glace le sang.

JOLIBOIS, accourant à Léonor qui s'est laissé tomber sur u7i siège.

Et vous, senora, du calme, de la présence d'esprit, ne laissez apercevoir aucun trouble.

• Anatole dans la balle, Jolibois, Lc'onor.

LÉONOR

Les forces m'abandonnent...

JOLIBOIS

Voyons, voyons, soyez raisonnable.

11 cberclie à la rassurer.

ANATOLE, entr ouvrant les deux battans de labalte

Ohl ma foi tant pis, je ne m'en irai pas ainsi ; ils ne me voient pas; mais où me cacher ?(iWoHfrant la porte de droite.) Cette chambre... ( Il sort de la balle, dont il repousse les deux battans, et s'élançant dans la chambre de droite, il s'écrie : ) Dieu me soit en aide!

JOLIBOIS, à Léonor qu'il n'a pas quittée.

Ah ça I voyons, negrelottez donc pas comme ça, ils vont croire que je vous ai donné la fièvre. {Apercevant la touriùre qui entre du fond avec Ferez ) Les voilà!

\'V'VVVVVVVVVVVVVVVV\^^VV\'VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVWVW\'W

Page 1