LE COLONEL, UN AIDE DE CAMP, FEREZ
l'aide de camp.
Colonel, vous n'ignorez pas sans douie qu'un grave délit a été commis cette nuit duns Tarragone.
lE COLOXEr,.
Je viens d'en être instruit.
l'aide de camp.
Et, comme nous tous, vous avez été indigné, n'est-ce pas? comme nous tous, vous avez demandé prompte et bonne justice ?
LE coLO.NEL, à part.
Que le diable t'emporte!
l'aide de camp.
Mais soyez tranquille, le général sera sans piiié pour le coupable, qui ne tardera pas d'être connu de lui.
le colonel, riremeiH Eh quoi?...
l'aide de camp.
Il a pris des précautions en conséqupnrtv
le colonel, à pnrl.
0 mon Dieul aurait-il donné l'ordre de ne laisser sortir personne de la ville:
l'aide de camp.
Et à cet effet le général m'a chargé de vous dire...
LE COLONEL, V iutcrronijiaut .
De me dire... ?
l'aide de camp.
Que vous ayez à venir vous joindre à tous les chefs de corps qu'il a convoqués chez lui, dans le but de se concerter sur. les mesures à prendre pour découvrir l'auteur du crime dénoncé à sa justice.
LE colonel.
Et c'est le seul ordre que vous soyez chargé de me transmettre?
l'aide de camp Le seul, mon colonel.
le COLO.NEL.
Très-bien. {A part.) Je craignais que le départ des dépêches ne fût ajourné. {Haut.) Monsieur l'aide de camp, dans quelques minutes je serai chez le général; ce n'est pas l'embarras, il me faut la grande tenue ; mais moi, sacredieu ! je ne suis pas long à me parer. {A pan ) D'ailleurs j'ai une sortie par le jardin de la maisoL , j'en profiterai; ! par là le chemin est plus court. {A l'aide de camp.) ' Vous pourrez dire au général que je vous suis. '
l'aide de CA3IP 1
II suffit, colonel. ;
LE COLONEL, à part.
Allons, allons, sacredieu ! courage et bon espoir! (Désignant Ferez.) Oui, oui, ce vieux vautour-là cherchera vainement sa proie.
Il entre dans la maison de Ferez et l'officier sort par le fond. »\^v\^%v^\^v\^.■^vv^^^■^^v^v^^^v^xv^^^^»^v^vl^^-^^^„^^^v^^^^^,^w
FEREZ, seul.
Ah ! me voilà seul, je puis respirer enfin, exhaler en liberté la joiequi m'étouffe... Ob î oui, la joiel N'avoir laissé la vie à ma victime palpitante que pour la faire achever par les siens! associer leur justice à ma haine ;Ies forcer, ces Françaismaudits, d'immoler un des leurs, de l'offrir en holocauste aux mânes des nôtres! Ah ! jamais joie plus vive n'a fait bondir mon cœur. Mais cegénéralnem'a-t-il pas bercé d'un vain leurre? s'il n'avait assemblé ses officiers que pour soustraire leur frère d'armes à la mort qui l'attend... Ah! ce serait à le démasquer aux yeux de tous, ce général parjure et félon, à le traiter d'infâme, à frapper son visage avec la crois qu'il porte sui la poitrine, à le poignarder comme complice du lâche qui m'a déshonoré !
Il va rentrer el.er lui ; mais Uest arrêté par Léonor,quiar, rive de droite avec Paquita.