‹ Magasin théâtralChapitre 367 sur 1711 · PAQUITA, JOLIBOIS, LÉONOR · texte numérisé non relu

PAQUITA, JOLIBOIS, LÉONOR

LKONOR, courant à Jolibois.

Vous! vous ici! mais le colonel nous avait dit que vous deviez accompagner son fils?

JOLIBOIS

C'est vrai, je devais accompagner le lieutenant s'il partait.

LÉONOR

Il n'est pas parti?

JOLIBOIS

Non.

LÉONOR

Et pourquoi? pourquoi? parce qu'il était trop souffrant, n'est-ce pas?

JOLIBOIS

Du tout! c'est pas ça; mais c'est le général qui nous a bloqués dans la ville... Oui, n'a-t-il pas fait donner la consigne à toutes les portes de ne laisser sortir personne sans exhiber une permission signée de lui? et comme il ne veutpas en signer jusqu'à nouvel ordre, force nous a été d'attendre son bon plaisir.

LÉONOR

Mais Anatole 1 Anatole est perdu 1

JOLIBOIS

Perdu! il le serait si l'on découvrait que c'est lui qui s'est introduit cette nuit dans votre couvent; mais on ne le découvrira pas.

LÉONOR

Comment?

JOLIBOIS

Au fait, je Tais vous conter ça, parce qu'enfin je peux vous le dire à vous...

PAQUITA

Parlez, parlez vite, nous vous écoutons.

JOLIBOIS

Aussitôt après son accident, j'avais conduit le lieutenant chez le chirurgien major du régiment... un malin fini, comme vous allez le voir; mon petit lieutenant en sûreté, j'étais venu en toute hâte prévenir le colonel, afin de nous entendre tous deux sur les moyens de sortir d'embarras ; nous les avions trouvés ces moyens-là, vous savez? des dépêches à porter... mais à mon retour chez le chirurgien major, jugez de ma surprise. . mon

lieutenant avait deux mains! {Ètonnement de Léonoretde Paquita.) Oui, pendant mon absence, le major avait profité du sang-froid et du courage de son malade, et au moyen de je ne sais quel appareil de sa façon, il lui avait ajusté une main d'acier

LÉONOR

Qu'entends-je!

JOLIBOIS

11 faut voir ça comme c'est fait, une vraie main naturelle, sauf qu'on ne peut pas s'en servir... mais, en mettantdes gants, pas moyen de deviner la chose. Si bon que le lieutenant n'a rien à craindre ici, et qu'il n'a pas besoin d'aller se morfondre d'ennui loin de vous, qui êtes tout son bonheur. Je venais dire ce qui en est au colonel, le tranquilliser un peu, ce pauvre cher homme... jevous ai trouvées là; j'ai pensé que je ne vous ferais pas de peine en vous mettant du secret, et voilà.

LÉONOR

Oh! merci, merci de la confidence.

PAQUITA

Mais où est-il en ce moment ce bon jeune homme?

JOLIBOIS

Toujours chez le major; parceque, voyez-vous, cette chienne d'opération, elle a été douloureuse; le lieutenant souffre encore pas mal; mais il parait que dans quelques heures il lui sera possible d'aller et venir ni plus ni moins que nous faisons tous dausl'ctat physique où se trouvent nos individus. {On entend desroulemensde tambour.) Qu'estce que c'est que ça?

JEPPO, accourant.

Seigneur Ferez! seigneur Ferez!

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