‹ Magasin théâtralChapitre 376 sur 1711 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

FEREZ, JEPPO.

FEREZ

Nous voilà seuls!

JEPPO.

Eh bien ! vous saurez donc que ces donTinio"deFrançaisont connaissance de notre conspiiati^ i de cette nuit.

FEREZ

Qu'entends-je !

JEPPO.

C'est Fiquillo, le sonneur, qui est venu font soufflant m'avertir à l'oreille. D'efi"roi j'en ai laissé tomber mon rasoir sur les doigts de la pratique que je tenais par le nez, et je viens vous en faire part.

FEREZ

Et il ne t'a donné aucun détail ?

JEFFO.

Aucun ; et puis il n'en a pas eu le temps : au premier mot d'alarme, j'ai pris mes jambes à mon cou, sans m'inquiéter du reste.

FEREZ

Oh! c'est impossible; nos ennemis ne peuvent rien savoir de ce qui s'est dit, de ce qui s'est fait dans l'assemblée du couvent de la Visitation. Non, non, ils ne savent rien; des doutes, des soupçons, voilà tout.

JEPPO.

C'est déjà bien assez.

FEREZ

Va, va, poltron, sois tranquille.

JEPPO.

Oh! pourquoi l'avons-nous laissé s'échapper cet amoureux maudit 7

FEREZ

Oui; que ne lui ai-je abattu la tête ?

Ah ! oui, les nôtres seraient plus solides sur nos épaules; car c'en serait fait de nous si ces enragés parvenaient à se rendre maîtres du pacte d'alliance où tous les conjurés ont apposé leurs noms. Pourquoi mon digne père a-t-il eu la malheureuse idée de me faire apprendre à écrire? Si je n'avais fait qu'une croix comme Piquillo, je tremblerais moins dans ma peau.

PEREZ

Sans doute, cet écrit dont fu parles ferait notre perte à tous s'il tombait entre les mains de nos ennemis; mais il n'y tombera jamais.

JEPPO.

Vous en êtes sûr?

FEREZ

Penses- tu qu'il puisse leur venir à l'esprit d'aller le chercher sur la poitrine du révérend père José ?

JEPPO.

Comment, le révérend père José l'a caché sur sa poitrine! C'est égal, s'il était dedans, ça serait encore mieux. A sa place, j'en ferais des boulettes. S'il veut, je l'aiderai, moi, et quand je devrais en avaler la moitié pour ma part... FEREZ, qui n'écoute plus Jeppo et qui marche lentement du côte de la porte secrète'.

Ahl ce qui m'allume le sang, ce n'est pas la prétendue découverte d'une conspiration introuvable , c'est le mystère qui enveloppe encore l'intrigue impie dont ma hache n'a pas tranché le nœud.

JEPPO, à part.

Le patron fait bonne mine en apparence, mais ça lui donne à réfléchir. Il n'a pas l'air beaucoup plus rassuré que moi.

FEREZ, à lui-même.

Mais allons retrouver Léonor, et malheur à elle -i son obstination ose encore se heurter contre ma volonté !

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