‹ Magasin théâtralChapitre 396 sur 1711 · PERE · texte numérisé non relu

PERE

LÉONOR

FEREZ

Les Français l'emportent !

Il se soutient à peine.

LÉONOR

Vous êtes blessé?

PEREz, sourdement.

Blessé à mort, grâce au ciel !

LÉONOR

Oh ! non, non, le ciel ne l'aurait pas permis... {Ferez chancelle et tombe.) Mes amis, du secours à mon père !

FEREZ, la tête tombant sur sa poitrine.

C'est inutile. {Il relève sa tête par un mouvement convulsif.) Si encore c'était une balle française qui m'eût frappé! mais non! c'est le poignard d'un assassin, d'un lâche Espagnol!

TOUS

Un Espagnol !

Oui, si l'on peut donner ce nom à l'un de ces infâmes qui nous ont lâchement vendus. iNous tenions la victoire, ils nous l'ont arrachée... mais j'ai aussi moi-même arraché la vie à l'un d'eux, à mon assassinl oui, la tête fendue par mon sabre, il est tombé devant moi sur ses deux genoux, comme un lâche, et je lui ai jeté à la face le sang qui jaillissait de ma blessure, et je l'ai vu se ployer dans la boue... et je lui ai pressé du pied sa poitrine... et je lui ai ciié pour prière pendant son agonie: Maudits, maudits les traîtres, la boue à leur cadavre, et leur ame à l'enfer!

Tout en disant cela, il se traîne sur le devant de l'avantscène à droite de l'acteur, où il retombe e'puise'.

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