SCENE IV
FABIO, LE C0.^1Tr: CASIPIREALI, MAR- (lARlTA.
Î.K COilISÎ.
Dites-moi, la vieille... jiourrait-on s'arrêter quelques inslans ici ? cette montée est rude .. MAKiiAMirA, avec re-pe.ct.
Comme il vous plaira, monseigneur?
FABio, eorauiiiiant la chamtne, avec dédain. W ne faut pas être exigeant ici... Pouvez-vous nous donner de l'eau fraîche i"
MACiAurrA, avec volnbilitc.
Oui. messeigneurs; nous avons là tout près une source bien connue dans le pays! c'est là que viennent puiser toutes les jolies filles d'Albano! et Dieu merci, il n'en manque pas!... notre eau e«tsi claire, si limpide 1... et puis M. Jules est is beau garçon!... pur cristal de roche!...
FACIO
Eli bien! allez! allez donc !
MAnr.ARITA.
J'y cours. Ali! dam! c'est que je tiens à la réputation de notre eau!...
Elle sort.
LK co'-r.'K. examinant la cabane.
Mais il y a erreur, Fabio.
KARIO.
IVon.rnon père, non ; ce sont bien iciles rochers du Giogo; c'est bien la maison qu'on nous a indiquée.
l.K COVITK.
Mais il est impossil)le que ce soit là la demeure d'un homme qui aurait osé lever les yeux jusqu'à votre sœur, jusqu'à la fille desCampireali. [Margarita rtntre, apportant des verres el une bouteille d'eau en grés. ) Qui habite cette maison , bonne femme?
MARGARITA
M. Jules, monseigneur.
FABIO
Jules qui ?
m AKf.AUlTA.
Dam ! M. Jules !
LK COVITK.
Il n'a pas un nom de famille?
MAKC.ARI TA-
Je ne lui en connais pas d'autre.
FAIilO.
Qui sont SCS jiarens?
M AlUiAlMT A.
Je ne lui en eonnais pas non plus... C'est un pauvre orphelin, élevé, je crois, par le vieux peintre Tonio, à qui il avait été confié.
FABio. avec impatience.
Mais enfin, qui e.^t il ?
!\!AUGAUI lA.
Aliî c'est un joli garçon, dont toutes les fille» ralTolient et qu'elles aimeraient s'il voulait.
LK COMTF,.
Ce n'est pas là ce qu'on vous demande.
MAnOARITA.
Il est très-bon au pauvre monde, souvent triste , mais toujours brave.
FAnio.
Vous êtes bien sotte de ne pouvoir comprendre qu'on vous demande quelle est sa position dans le monde.
IȔ AKGARITA.
Sa position ?
FABIO
Oui, ce qu'il fait!
MAKGARITA.
Ah! c'est différent. Il chasse, monseigneur, il chasse... quelquefois aussi il peint... il peint des madones... Dernièrement encore, il a fait mon portrait.
Jules, son fusil Sur Tepaule, paraît sur la montagne. Musique en trémolo jusqu'à la sortie des Campireali.
LK COMTE, bas à Fabio.
Mais c'est incrovable d'audace!... Et voilà
L'ABlUYE DE CASTRO.
j'homme qui, dil-on, uent rôJer tous les soir.« sous les fenèlres de ma (ilie Hélène!... MAiiUAiUTA, nperrevam Jules.
Tenez, niesseigneurs, le voii;i lui-même.