SCENE YII
RANUCCIO, JULES.
K,\NLf.C10.
Et moi donc! est-ce que tu ne me diras pas adieu?
JLLES.
A vous ?
HAM CCIO.
Tu peux bien dire toi au capitaine Ranuccio.
JULKS, le reconnaissant et lui sauianl nu cou.
Ranuccio !... mon ami !.. mon père! iiANicr.io.
Allons donc !. . diable ! il paraît que j'arrive à temps pour te retrouver entier... Qu'est-ce que c'est que des idées pareilles?... Ta vieille ne t'avait donc pas dit de m'attendre?
JILKS , le firessaiit dans ses bras.
Ah! pardon, mille fois pardon l je suis un ingrat: mais si tu savais comme je suis malheureux :
RA>t'<.Clo, regardant autour de lui.
Tu n'as pas l'air en effet... Mais pourquoi rester ici avec ces couleurs, ces vieux morceaux de lotie?... pourquoi avoir quitté le bon métier, le seul métier ! celui des armes ? Brûle-moi tes livres» tes toiles, tes pinceaux, et viens avec moi... tu mèneras joyeuse vie... et tu pourras faire fortune.
JULKS.
Eh! que m'importe la fortune 1
RA?iL'CCIO.
Que veux-tu donc ?
JL'LKS, s'approchant de lui et l'entourant de ses deux bras, comme un (ils.
0! mon ami, j'aime!...
KAM CCIO.
Eh bien ! qui t'en empêche?
Toute cette fin île scène très-vive et très-serree. Jl LHS.
J'aime avec transport Hélène!
I» A. M CCIO.
Va pour Hélène!
JlLKS.
Qui m'aime égalemen l !
nA>LCCiO.
Te voilà bien à plaindre!
JULKS.
Mais c'est une noble personne!
RAMICCIO.
Tant mieux !
JtLKS.
Mais on nous sépare !
KANL'CCIO.
>'c vous laissez pas scparci.
iVlA(iASm THEATRAL.
JULES
lU m'ont insulté.
RAMJCCIO.
Tue-les...
JLLES.
Ils m'ont appelé mendiant!
RANUCCIO.
Ils ont menti ! car don Juan n'a pas été ingrat 1 et voici de l'or...
Homme sans nom ! sans famille !
BANUrXIO.
Qui a dit cela ?
JUI.es , tivec fureur.
LesCampireali!
RANUCCIO.
Les Campireali!... j ai un souvenir de ça, des nobles! des richards 1 (Avec résolution.) Ah! ils disent que tu n'as pas de nom ? Laisse-moi faire... où est ton plus bel habit?
JULES
Je n'en ai qu'un.
BAÎSUCCIO.
Choisis celui-là... on pourrait trouver mieux... (Lui frappant sur la poitrine.) Mais la doublure est bonne... ton épée!
Ji'LES, alln7U la décrocher à la muraille. La voici !
RAMiccio, la faisant ployer.
Bonne lame!... Attache-moi ça ferme à ta hanche. (Jules ceint sa rapière.) A présent, Ion chapeau!... bien, un peu plus sur l'oreille... (L'embrassant.) Je t'aime ainsi... tu es beau!... Maintenant, viens avec moi.
JULES
Où donc?
BASUCCIO.
A Albano.
JULES
Chez qui?
RANUCCIO.
Chez les Campireali.
JULES
Pourquoi faire ?
RA^uccio, aiec force.
Pour leur apprendre ion nom... le nom de ton père!
JULES, voulant l'arrêter.
Mon père!
RANUCCIO.
A Albano, te dis-je, chez les Campireali 1
Il l'enlrdîne, et lous deux sortent par le fomt.
Dcunème tableau.
Riolie salon Je la villa Campireali. Forte à gauche, et, au lond, à droite, grande frnéire avec appui intérieur.