SCENE IX
HÉLÈNE, JULES ; UN RELIGIEUX de haute taille et encapuchonné parait à la porte du fond, et doit être vu de profil; RANUCCIO à l'avant-scène de gauche.
LB BKLIGIEIJX, d'une voix grave et sonore. Me voici; qui m'a appelé ?
Mouvement.
RANUCCIO, Stupéfait.
Le père Anselme !
HÉLÈNB.
Le moine de tout-à-l'heure!...
Hélène et Kanuccio s'inclinent pendant toute cette scène.
JULES, remontant un peu et d'une voix émue.
Qui que vous soyez, mon père, je vous adjure ici de m'en tendre Je suis Jules Brachioforte, un soldat I un homme du peuple! celle que j'aime, la fille des Campireali... on veut la sacrifier à une politique ambitieuse, à l'alliance des Orsini ! oserez-vous la sauver et nous unir?... oserez-vous assumer sur votre tête la vengeance de deux familles ?
LE RELIGIEUX
Je l'oserai.
Mûuveraenl.
JULES, avec joie.
Et dans quel lieu ?
LE RELIGIEUX
A la chapelle expiatoire !
JULES
A. quel moment?
LE RELIGIEUX
Dans une heure.
JULES
Mon père, nous y serons.
Jules s'avance vers lui, le religieux le retient d'un geste et s'e'loigne du côte' du couvent.
O brave homme, vai... brave homme de père Anselme!... je ne t'oublierai pas dans mes prières I...
Il le suit avec admiration , et reste un moment au fond du théâtre.
HÉLÈNB, ramenant Jules, et vite.
Jules, je n'irai pas.
JULES
Que dis-tu ?
HÉLÈNE, vile.
Je ne le puis-
JULES
Pourquoi ?
HÉLÈNE, avec force.
Et ma mère!... grand Dieut ma mère! voudrais-tu d'un bonheur qui ferait son désespoir?.. . ma mère! si tu savais comme elle m'aime!... hier mon père m'aurait tuée; elle a menti, Jules, menti pour me sauver ! aussi, avant de venir ici, je lui ai écrit...
JULES
A ta mère!
HÉLÈNE , vivement.
Oui, elle sait que je fuis la tyrannie, mais non pas sa tendresse ; que, fidèle à mon serment, j'ai cherché un refuge près de toi. Oh! qu'elle ne puisse pas taccuser de lui avoir pris son enfant! laisse-moi retourner près d'elle et lui dire : Ma mère, venez; Jules nous attend; venez bénir une union qui sans vous ne saurait être heureuse!
Musique.
R.tNUCCio, rentrant vivement.
Votre père ! votre père !...
HÉLÈNE
Mon père!...
RANUCCIO.
Avec votre frère; ils sont sur mes pas.
HÉLÈNE
Je suis morte !
JULES, tirant son poignard.
Ne crains rien, chère Hélène, je suis là pour te défendre.
HÉLÈNE, égalée.
Où nous cacher?
RANUCCIO, montrant le cabinet.
Là!... là!...
HÉLÈNE, entraînant Jules.
Oh! viens, viens !...
RANUCCIO.
Vite... les voici.
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