‹ Magasin théâtralChapitre 431 sur 1711 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

JULES, armé de son poignard, LES CAMPI- REALI, au fond, parlent à leurs valets; RA- NUCCIO est devant la porte du cabinet.

RANUCCIO, tirant son épée.

Qu'ils essaient maintenant de passer I

CAMPIREALI, au fond.

Avant de gravir la montagne, arrêtons-nous un instant dans cette hôtellerie.

FABio, aux lalets.

Qu'on prenne soin de nos chevaux.

RANUCCIO, à part.

Nous sommes traqués... comment les faire sortir? {A Scioiti, qui se dirige vers la porte de la chambre.) Où vas-tu?

sciOTTi, bas.

C'est ce soir l'anniversaire...

RANUCCIO, de même.

Eh bien?

sciOTTi, bas.

Pour aller à la chapelle, il faut à mon fils et à moi nos habits de pénitens.

RANUCCIO.

Vos habits de T^énilensU.. [Comme frappé d'une idée.) Y oi\ài mon atïaire... {A Sciotii.) Ya-Ven.

SCIOTTI.

Mais... ^

RANUccio, le poussant.

Va-t'en !

FABio, apercevant Ranuccio.

Ah! encore ici !

RANrCCIO.

Oui, seigneur, oui, encore ici.

FABIO

Et votre protégé?...

RANOCCIO.

Il a renoncé à tout.

FABIO, raillant.

Il était si fier 1

RANUCCIO, avec intention.

Il est bien malheureux 1

FABIO

Je ne le plains guère.

RANUCCIO.

Ni moi non plus.

Los doux Campireali viennent s'asseoir à la table. CAMPIitEALI.

Orsini a désiré avancer ce mariage; je l'aime mieux ainsi... demain tout sera terminé. RANUCCIO, avec intention.

Demain !

JULES, bas à Hélène, qu'on ne voit pas. Tu l'entends, Hélène... demain, la femme d'Orsini... Et tu hésites encore?...

FABIO

Il mesemble qu'on a parlé... {La fenêtre serefernte aussilôi.) Qui donc est la?

RANUCCIO, élevant la voix.

Là!... oh! sans doute ces deux bons religieux, venus pour voir la femme du pauve Sciotti, qui est bien malade, et qui se rendent au couvent ici près, [appuyani] où on les attend... il faut qu'ils se dépêchent, car la nuit vient, et ils arriveraient trop tard.

FABIO

Et pourquoi ne sortent-ils pas?

RANUCCIO.

Je ne sais... le respect... et puis, sansdoute, la crainte de déranger vos seigneuries...

LK COMTE

Pourquoi?... qu'ils sortent; c'est à nous de leur livrer passage.

La nuit est venue ; en te moment la porte du caLinet s'ouvre, et deux religieux vêtus de blanc paraissent. Les Campireali se lèvent et se découvrent.

JULES, las à Héline.

Du courage !

LE COMTE, saluant.

Bon voyage, mes pères.

Hélène seule salue. Fabio fait un mouvement ; Jules vase trahir. Ranuccio, qui les suit et qui s'en aperçoit, les sépare vivement des Campireali, qui redescendent la scène.

RANUCCIO.

II est tard, mes pères ; si vous le permetteï, je vous accompagnerai, moi, pour qu'il ne vous arrive rien en roule.

LE COMTE, à Ranuccio.

Ah ! que votre ami se rappelle la promesse qu'il m'a faite... qu'il s'éloigne surtout!

RANUCCIO.

Messeigneurs, si ça ne dépendait que de moi, il serait déjà bien loin. {Bas à Sciotti, en sortant.) Occupe les valets... moi, j'emmène leurs chevaux, nous irons plus vite.

Il disparait vivement par la gauche.

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