LE CHEVALIER, LE BARON, LAURE, LÉONA, LE COMTE, GIULIO
LACRB, entrant avec LCona et s'arrétant sur le seuil de la parte.
Ciel ! le comte de Mauléon.
LÉONA, bas.
Prenez garde, mademoiselle; il vous regarde!
LE BARON
Avancez ma nièce, avancez.
Il fait signe à Le'ona de sortir ; cellc-ei obéit. LE CHEVALIER.
Ma belle cousine, comme vous voilà pâle et défaite ! Est-ce avec ce visage que Ton reçoit un
fiancé?
LE BARON, ù Laure.
Est-ce la présence de monsieur de Mauléon qui vous a troublée ainsi? Mais il aurait droit de s'en plaindre comme d'une injure, et moi, votre oncle et tuteur, je ne dois pas la souffrir. Souvenez-vous que dans quelques mois vous devez épouser monsieur de Mauléon, et dès à présent excusez-vous de l'accueil inconcevable que vous venez de lui faire.
LE COMTE
Assez, monsieur, assez! mademoiselle ne me
LE CHATEAU DE SAINT-GERMAIN
doit point d'excuses; c'est moi qui lui en devrais peut-être pour m'être présenté aussi inopinément dans ce château. A Dieu ne plaise que je veuille la tourmenter du moindre souci I
LAURB.
Pardon, monsieur, mais en ceci il n'y a rien qui vous regarde; je suis souffrante, malade, voilà tout, et je vous demande la permission de me retirer.
LE BARON
Mademoiselle, je ne tolère pas volontiers les caprices; restez, je le veux.
LAURE, à pan.
0 mon Dieu!
Elle va s'asseoir dans le grand fauleuil, adroite. LE BARON, à part.
Va, pauvre enfant! achève ton sacrifice.illefaut! cet homme doit recueillir tout l'héritage de notre maison... tout lui appartient de droit, tout, et toi même, notre plus riche joyau.
LE COMTE, qui a gardé un morne silence, semble
prendre son parti, et s'approchant de Laure, il
lui dit d'une voix basse, mais di'cidée.
Mademoiselle, j'ai lieu de craindre que ma présence ici vous soit en ce moment peu agréable... je compte repartir très-promptement; mais avant, je réclamerai la faveur d'un entretien particulier, si monsieur le baron le permet.
LE BARON, à Desgravaux et à Giulio.
Venez, messieurs, retirons-nous. [Au comte de Mauléon.) Monsieur, vous pouvez entretenir ici sans témoin M"e de Nangis.
LE CHEVALIER, à part.
Tout cela me paraît fort étrange !
GiULio , bas nu Baron.
Mais, monsieur, vous sacrifiez votre nièce en la mariant a cet homme.
LE BARON, bas.
J'ai donné ma parole, je la tiendrai.
T,c Baron, le Clie\ali(rr et Giulio sortent parle fond.
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