‹ Magasin théâtralChapitre 563 sur 1711 · L.V TOURIÈRE · texte numérisé non relu

L.V TOURIÈRE

Dans notre parloir?

SOEUR DE LA MISÉRICORDE

Vous êtes surprises... Ah! sans doute, il ne nous est pas permis de montrer notre visjige à cens qui ne sont pas des nôtres... il ne nous est pas permis de parler a nos amis, a nos parens, à tout ce qui nous est cher sans que ce long voile de deuil ne soit là sur cette grille pour intercepter un coupable regard... Oh: mais j'ai été trouver la prieure .. je me suis jetée a ses genoux... je l'ai suppliée de faire taire aujourd'hui la règle de la maison... C'est ma fille, lui ai-je crié ! ma fille que je n'ai pas vue depuis douze années... Vous le savez, lui ai-je dit, plusieurs fois, je l'ai renvoyée, cette pauvre enfant, sans vouloir l'entendre... je doutais de moi... j'avais peur de la préférer un instant à Dieu. Aujourd'hui, ce danger n'est plus, je suis forte... je sortirai victorieuse de la lutte. Oh 1 accordez. moi la grâce que je vous demande... Et vaincue par mes prières, par mes larmes, la prieure a consenti... Oui, je verrai ma fille, je pourrai la presser sur mon sein, la couvrir de mes baisers... je pourrai lui dire : Mon enfant, c'est moi, moi, qui ne l'ai pas vue depuis douze ans, moi qui pleure, nîoi qui souffre, moi qui suis ta mère!...

SOEUR MADELEINE

Ainsi donc, la prieure consent...

SOEUR DE LA MISÉRICORDE

Oui... Mais n'entendez-vous pas? on vient, c'est ma fille. [À la tourici-e qui entre.) Voyez, voyez

la tourière me l'amène. [A la louricre qui referme la porte.) Eh quoi ! seule?

LA TOCRIÈRE.

Seule, ma sœur !

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