‹ Magasin théâtralChapitre 600 sur 1711 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

CHRISTOPHE endormi, PIERRE, puis ERIC.

Comme ils viennent de sortir, Pierre entre sans Lruit par le fond.

PIERRE

Christophe ! Où est-il donc ? Ah ! étendu là. . . il dort, oui!... Christophe est un de ces hommes de courage et de volonté comme il m'en faut, et je veux l'attacher à ma fortune... Christophe! ( le 5eco«nH')Christopheî Quel profond sommeil! ÉRIC , entrant pricipiiamment.

Pierre ! Dieu soit loué ! je vous trouve ici !

PIERRE

Qu'ya-t-il?

ÉRIC

Peterson vous a trahi.

PIERRE

Trahi!

ÉRIC

Toute la garnison d'Hédcmora entoure les mines, et si le hasard ne vous en avait pas fait sortir, vous y seriez arrêté.

PIERRE

Trahi! perdu 1...

Il faut vous hâter de courir trouver les soldats de la vallée de Geval.

PIERRE

L'on va barrer les chemins sans doute.

ÉRIC

En effet, et tout ouvrier mineur doit être arrêté... Mais, tenez, prenex cette arme, que Christophe s'arme aussi, et tous trois, décidés à mourir, nousferons peut-être un passage... Il faut éveiller Christophe.

PIERRE

Arrêtez !

ÉRIC

Ke m'avez-vous pas dit que vous vouliez vous confier à lui ?

PIERRE

Oui, je le voulais quand j'avais une chance de victoire, mais maintenant c'est une chance de mort, et je ne veux pas y condamner mes amis... ni lui, ni toi, Éric... D'ailleurs nous ne serions pas assez forts et nous serons peut-être assez adroits; séparons-nous, au contraire... tu as rendez-vous à Stochkolm, vas-y; moi; j'arriverai peut-être à Geval.

ÉRIC

Mais ce costume va vous perdre.

PIERRE

Quand il le fallut, je le pris pour me sauver... je le quitterai s'il doit me perdre.

Il arrache sa veste.

Mais ainsi, mon prince, vous êtes encore l'ouvrier mineur.

PIERRE

Ah! c'est vrai... Que faire? Ah! cette cape de Christophe, ce bonnet... [Eric les lui donne; il les vict ; ramassant ses habits.) Emporte ces habits... tu les perdras surla route... cars'ils étaient demain trouvés ici, ils compromettraient la famille d'André... Adieu, Éric...

ÉRIC

Que Dieu vous veille, mon prinee!

PIERRE

Éric Banner, toi, noble de Suède, qui as perdu ta fortune à servir ma cause, et qui vas maintenant exciter l'émeute à Stockhom, la hache du bourreau peut t'atteindrc, tandis que je marcherai sous les balles des soldats danois... La hache ou les balles nous empêcheront peut-être de nous revoir plus tard... Avant de nous séparer, ami, ta main...

ÉRIC, se jetant dans ses bras.

Mon prince!...

PIERRE

Et maintenant, nuit décisive , enveloppe-nous dans ton obscurité... Adieu...

ils sortent, la porte du fond reste ouverte ; on les voit s'embrasser encore une fois et prendre deux routes diffe'reutes.

'^■^'^^'^■>-*^>vv\vvv\\\\v\\w\\\\\\\v\\vwv\\v\\\\\\\v\\\v\\\v\\\\

Page 1