CHRISTOPHE, MARGUERITE, ANDRÉ
ANDRÉ, paraissant avec sa fille; il va à Christophe.
Viens, Christophe, l'heure s'écoule I
CHRISTOPHE
Mon père... [Se levant.) Capitaine Wolgann, vous n'êtes plus exilé!
AXDRÉ.
Que dis-tu?...
CHRISTOPHE
Non, mon père, vous n'aurez pas l'exil...
ANDRÉ, effrayé.
Malheureux enfant, ta folie va nous perdre!...
CHRISTOPHE
Oh! je ne suis pas fou; mais je suis un élu, moi... Nous ne partirons pas, parce que je sais, à cette heure, que le sénateur Wasa ne s'est point tué, et que le médecin bohémien était un empoisonneur envoyé par Christiern.
ANDRÉ t'i MARGUERITE.
Grand Dieu!...
CHRISTOPHE
Oui, mon père... et la Suède ne nous chasse plus : elle nous appelle...
Mais qui t'a dit cela ?
CHRISTOPHE
Olaus!...
ANDRÉ
Lui, qui t'a déporté ?
CHRISTOPHE
Pour me voler !... oui... et qui vient de me révéler l'assassinat de Frédage, qui triomphe à sa place; mais ne voyez-vous pas que le voleur a été volé; que les deux voleurs s'attaquent et se dévorent... et que, lorsqu'ils se seront étoutl'és dans leur commune étreinte, nous pourrons , nous, crier : Place au capitaine Wolgann, le brave et l'innocent!... place à son fils Christophe, l'enfant delà montagne... place à nous!... Oh! venez!... venez !
ANDRÉ
OÙ veux-tu nous conduire?...
CHRISTOPHE
Au palais du régent!
ANDRÉ
Prends garde!...
CHRISTOPHE
Oh! ne craignez rien, mon père: le régent a été trompé par Frédage; mais je veux vous dé '
CHRISTOPHE LE SUEDOIS
fendre... et je sens qu'un rayon d'en haut m'inspire et me conduit.
A>'DRÉ.
Oui... je m'abandonne à toi, clioisi par le Seigneur... Conduis-nous... conduis-nous...
CHRISTOl'QE.
Suivez-moi!...
ANDRE
Sur quelle route?...
CHRISTOPHE
La grande, mon père .. A Stockholm I
ANDRÉ
A Stockholm! mes enfans... à Stockholm!
Ils sortent rapidement ; on les voit Jisp^r.iîtrc par la galerie tandis que le rideau tombe.