SCÈNE II
MARGUERITE, seule.
La belle et brillante nuit qui va se passer ' tout ce que l'Angleterre possède de plus purr et de plus haute noblesse se pressera dans les salons de Westminster... Les Norihumberland, les Devonsliire, les Warwick, tous y seront, hommes et femmes, vieillards et jeunes gens. Cette fête, la première où Charles II ait voula voir réunie l'élite des trois royaumes , est une espèce de banquet royal où tout ce qui porte un nom illustre viendra prendre sa place... Ponrquoi faut-il que les Glenarvon n'y soient représentés que par une femme? pourquoi mes enfants ne sont-ils pas là pour soutenir l'honneur de la famille dont ils seront un jour les chefs ?... Que je serais heureuse si je les y voyais tous deux à côté de moi !... Harry, si jeune et si gracieux, dont la beauté efface celle de tous les pages de la cour... et Georges , cet enfant de vingt ans, qu'à la pâleur de son visage, à la majesté de sa démarche, à la gravité de sa parole, on prendrait pour un homme de trente... Tous les regards seraient pour eux... pour lui sur-tout... Oh! je serais heureuse et fière, plus heureuse et plus fière que quand c'est moi que l'on regarde!... Mais s'ils étaient ici... peut-être refuseraient-ils de m'accompagner, tant ils sont imbus de la rigidité puritaine de leur père!... Oh! non, ils aiment trop leur mère pour la repousser quand elle les appellerait à garder l'iionneur de leur maison. Que Betty est long-temps ! Ah ! j'entends... mais ce sont des pas dhomme : sans doute
lord Campbell.
(Elle va a son miroir.)
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