CAMPBELL, LE MASQUE
LE MASQtJE , entrant sans voir Campbell. Lit et chambre vides!... Où donc est-elle?
CAMPBELL
Un homme ici l
LE MASQUE
CAMPBELL , appelant.
Holà , mes gens !
LE MASQUE
N'appelez pas ; ce seraient les miens qui viendraient.
CAMPBELL
Misérable !... (il va fermer la porte du fond. ) Qui es-tu ?...
( Il s'avance un poignard à la main. ) CHARLES, se démasquant.
Regarde !
CAMPBELL, reculant.
Le roi !
CHARLES
Maintenant rangez-vous , que je sorte.
CAMPBELL
Pardon , sire ; vous ne sortirez pas que je n'aie parlé à ma fille '.... à ma fille , peut-être déshonorée !
CHARLES
Vous êtes fou!... votre fille n'est pas ici.
CAMPBELL
La raillerie après l'outrage.
CHARLES , ouvrant la porte de droite.
Voyez vous-même.
CAMPBELL, y allant, /'ersonne... Clary ! Clary!
CAMPBELL
Clary ! ma fille !... 6 Clary ! Clary !
CHARLES
A cette heure, me laisserez-vous sortir?
CAMPBELL
Sortir !... Par où donc es-tu entrée, majesté? (il va à la fenêtre.) Par-là, sans doute... Une échelle!... tu l'as enlevée, brigand!
CHARLES
Monsieur !
CAMPBELL
Réponds! où est-elle?
CHARLES
Monsieur, je suis le roi!
CAMPBELL
Tu es roi !... je suis père!... égalité... Où est-elle ?
CHARLES
Je vous jure par ma couronne que je ne le sais pas.
(H s'en va.)
G mon enfant ! mon enfant !
CHARLES, revenant.
Ecoutez, vous êtes premier ministre; mais votie pouvoir a des bornes : le mien n'en a pas; eh bien ! je le mets tout entier entre vos mains jusqu'à ce que vous ayez retrouvé votre fille.
CAMPBELL
Ah ! sire !
CHARLES
Mais à une condition.
CAMPBELL
Laquelle?
CHARLES
Laquelle!... Bah ! aussi bien il fallait vous le dire tôt ou tard. J'aime votre fille : je veux qu'elle soit à moi.
CAMPBELL
Sire !
CHARLES
Ah! vois-tu, Campbell, ce n'est pas là un caprice d'un jour, comme j'en ai tant éprouvé; c'est un amour profond , ardent, un amour qui me tuera s'il n'est satisfait!
CAMPBELL
Sire!...
Ce que tu voudras, je te le donnerai.
CAMPBELL
Rien ne peut payer à un père l'honneur de sa fille.
CHARLES
Le comté d'Oxford et la baronnie de Torn- Hill reviennent à la couronne par la mort du vieux lord Oxford : Oxford et Torn-Hill seraient deux beaux fleurons à une couronne de duc ; les veux-tu, milord?
CAMPBELL
Non, sire!