‹ Magasin théâtralChapitre 685 sur 1711 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

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GEORGES

Vous le voyez bien.

CLABY.

Ah ! vous êtes bon , vous !

GEORGES

Vous me promettez de vivre pour votre enfant?

CLARY

Oui... mais si je vis, cet enfant lui-même vivra malheureux , accablé qu'il sera sous la honte de sa naissance.

GEORGES

Cette honte sera effacés.

CLARY

Clary, c'est un Glenarvon qui a causé votre malheur; c'est à un Glenarvon de le réparer.

CLARY

Je ne vous comprends pas.

GEORGES

Dans une chapelle voisine, un ministre nous attend pour nous unir.

CLARY

Nous unir!

GEORGES

Oui; c'est pour cela que je suis venu.

CLARY

Mais... Georges...

GEORGES

Oh! ne craignez rien... Je sais bien que la maîtresse de Harry ne peut pas être la femme de Georges; nous serons un frère et une sœur portant le même nom : voilà tout... Quand le ministre nous aura donné sa bénédiction, sans déposer seulement un baiser sur votre front, je vous quitterai... (tristement.) pour ne plus vous revoir ; vous resterez ici, et vous tâcherez d'oublier qu'il y a des Glenarvon au monde, et moi , j'irai me cacher à l'autre bout de la terre, où je n'oublierai pas qu'il y a une Clary Campbell.

( Il pleure. ) CLARÏ.

Vous pleurez, Georges!

GEORGES

Ah! que voulez-vous? je suis homme... La religion a beau faire, elle ne peut étouffer la nature ; et, quand le cœur est brisé, les yeux pleurent.

CLARY

Vous souffrez bien !

GEORGES

Si je souffre!... tu le sais, ô mon Dieu! toi qui lis dans mon cœur... Mon père est mort, mon frère est mort, et vous... demain vous serez morte pour moi.

CLART.

Eh bien! non, ne nous quittons pas... vivons comme frère et sœur, et nous nous consolerons ensemble.

GLENARVON

GEOHCëS

Rester ensemble!... mais, Clary, vous ne voyez donc pas que je vous aime!

CLARY

Vous !

Oui , moi. Le ciel m'est témoin que je voulais à jamais enfermer ce secret dans mon cœur, quand il eût dû m'étouffer; mais mon ame était trop pleine, elle a débordé. Oui, oui, je vous aime... je suis fou d'amour ! le jour , je pense à vous; la nuit, je rêve de vous! vous! vous! toujours vous! vous par-tout ! Oh! je vous aimais plus que lui, allez!

CLARY, gravement.

Georges !

GEORGES

Ob ! je sais bien qu'il est mort et que je le calomnie... Mais, tenez, il m'a tant fait souffrir en me prenant votre cceur, que vous pouvez bien me pardonner une parole de jalousie contre lui... Pauvre frère!

CLARY

Pauvre Georges aussi !

GEORGES

Oui, pauvre Georges! qui n'a plus rien au monde , pas même le courage de se résigner.

CAMPBELL, au dehors.

Un constable! qu'on aille chercher un constable!

CLARY

Mon père!... sauvez-vous!

GEORGES

Pourquoi?

CLART.

Parceque, s'il vous trouve ici, il vous tuera.

GEORGES, dédaigneusement, la main sur la garde de son épéc.

Lui?

CLARY

Eh bien ! il vous fera tuer alors.

GEORGES

Je ne souffrirai plus.

CLARY

Mais, mais le prêtre nous attend, Georges!

GEORGES

Vous avez raison : il me reste un grand devoir... deux grands devoirs à remplir.

CLARY

Le voilà... Par ici ! par ici !

GEORGES

Un instant! la lettre, j'oubliais la lettre! (Il jette la lettre sur une table.) Je VOUS Suis. CLARY.

Venez donc !

(Us sortent par la porte dérobée.)

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