ACTE IV, SC-ÈNE Xi
Qé
SCÈNK XI.
CLARY, seule ; puis CHARLES.
CLAIIY.
Nous voilà pour toujours unis au ciel et séparés sur la terre... Étrange et malheureuse tiestinée qui empêche de rester près de moi les deux seuls hommes qui m'aient véritablement •imiée! Car mon père m'a fait une menace que je ne m'explique pas, mais qui me laisse voir plus de haine que d'amour... Je servirai de marchepied à sa fortune, m'a-t-il dit... je ne comprends pas... ( Le roi entre. ) Le roi!... (Cas.) Je comprends , maintenant.
CH.tP.LES.
Non... il n'y a pas ici de roi... il n'y a qu'une reine qui voit devant elle le plus soumis et le plus dévoué de ses sujets.
CLART.
Sire î
CHARLES
Qui a voulu apporter à miss Campbell , pour lui prouver son zèle, la première faveur que lui a demandée son père après sa lentrée en grâce.
CLARY, amèrement.
Ah! mon père est reiuré en grâce?
CHARLES
Oui... miss, grâce à vos yeux bleus.
(Il lui présente le parchemin. ) CLART, sérieusement.
Je remercie votre majesté; mais je désire peu me mêler des affaires d'étal.
CHARLES
Ceci est plutôt, je crois, une affaire de famille... un ordre de déportation pour...
CLARY
Pour l'Amérique !
CHARLES
Vous le saviez ?
CLART.
Oui, sire. ..(A part.) O Georges!. ..j'avais oublié. (Haut.) Oui, mon père... si votre majesté voulait me confier ce papier?...
CHARLES
Ma belle Clary -est .sûre d'obtenir tout ce qu'elle me demandera.
( Il le lui donne. } CLARY, le prenant.
Je remercie votre majesté, et je...
( Elle veut sortir. )
Vous partez ! ... — Et moi ? et ma récompense?
CLARY
Quelle récompense ?
CHARLES
Il me faut la promesse d'un rendez-vous.
CLART.
Sire , je ne dois pas vous entendre plus longtemps.
CHARLES
Ce n'était pas là ce que m'avait fait espérer votre père... Pensez-vous...?
CLARY
Je ne pense rien , sinon que Dieu maudit les rois qui achètent aux pères l'honneur de leurs enfants.
CHARLES
Quoi qu'il en soit , votre père m'a cédé tous ses droits sur vous, et vous appartenez à voti'e père.
CLARY
Non, sire.
CHARLES
Pourquoi ?
Parcequeje ne m'appelle' pi us miss Clary Campbell ; parceque je m'appelle milady Georges Glenarvon.
CHARLES
Milady Glenarvon !
CLARY
Oui, sire; et, puisque la maison de mon père ne peut plus me protéger contre les insultes , je cours chercher un asile dans celle de mon époux. — (A part. ) J'ai sauvé Georges!
( Elle sort. ) CHARLES.
Ah çà, voilà long-temps que l'on se joue du roi. — Campbell et Glenarvon! mes dignes lords , vous me le paierez tous les deux.
( Il sort. )
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