‹ Magasin théâtralChapitre 691 sur 1711 · MARGUERITE , CAMPBELL · texte numérisé non relu

MARGUERITE , CAMPBELL

CAMPBELL, sans voir Marguerite.

Ma fille n'est pas ici?

Votre fille, milord?

CAMPBELL

Pardon , milady ; je ne vous avais pas vue

MARGUERITE

V^ous parliez , je crois de votre fille?

CAMPBELI..

Oui , j'espérais la trouver ici.

MARGUERITE

Est-ce donc pour elle que vous êtes venu?

CAMPBELL

Vous ne le croyez pas!... vous avez bien voulu, me donner un rendez-vous , je n'aurais eu garde d'y manquer. ( A part.) O comme je vais entin leur rendre tous leurs outra<>,es!

MARGUERITE

Vous devinez pourquoi je vous ai prié de venir?

CAMPBELL, souriant.

Je le présume , belle Iady.

MARGUERITE

Vous savez bien que je suis veuve?

GLENAUVOîS.

CAMPBELL

Oui... et je conçois que vous en êtes d'autant pins libre.

MARGUERITE

En effet... je suis libre, et vous voyez... (à part.) ô mon Dieu!... (haut.) vous voyez que le premier acte tle ma bberté a été de penser à vous.

CAMPBELL , lui baisant la main.

Que vous êtes bonne !

MARGUERITE

Et vous!... pensez-vuus toujours à moi?... m'aimez- vous toujours?...

CAMPBELL

Plus que jamais.

MAP.GUERITE

Alors mes vœux doivent être les vôtres.

CAMPBELL

Assurément.

MARGUERITE

Rien ne nous empêche plus d'être l'un à l'autre , n'est-ce pas ?

CAMPBELL

Rien que je sache.

l:ih bien , inilord , vous allez m'épouser?

CAMPBELL

Vous épouser... moi 1...

MARGUERITE

Vous!...

CAajPBELL.

Milady raille.

MARGUERITE

Railler... mais vous oubliez donc que c'est vous qui m'avez ravi mon mari , et mon fils et mon honneur?... que si vous pensiez à tout cela, milord , vous ne trouveriez pas que c'est trop de demander en échange votre main et votre nom.

CAMPBELL

Mais vous, vous oubliez donc nos haines, vos dédains et ma vengeance, et cette nuit!... (Mouvement de Marguerite.) Songez un peu à tout j.ela , milady ; rappelez-vous bien qui vous êtes et qui je suis, et venez ensuite, si vous l'osez, me demander <le vous prendre pour femme !

MARGUERITE

C'est parceque j'y pense que je vous demande cela ; et il faut que j'y pense bien pour surmonter l'horreur et le mépris que j'ai pour vous , miîord.

CAMPBELL

Ah ! je vous rends bien tous vos sentiments pour moi , n)ilady, ma belle maîtresse.

Sa maîtresse !... Milord , vous savez que là où ne réussit pas la prière , il faut employer la force... Ouvrez les portes !...

(La porte du fond s'ouvre, et laisse voir un autel dressé et le minisire en habits sacerdotaux ; celle de gauche s'ouvre aussi et montre une foule d'iiomnies armés d'épées, de hacl)cs et de poignards , et à leur tête Georges, qui regarde les bras croisés. )

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