‹ Magasin théâtralChapitre 700 sur 1711 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JULIANI, GIACOMO, MICHELA.

Au lever du rideau, Juliani est debout près de la fenêtre; il passe machinalement son pinceau sur sa palette cl regarde à l'extérieur ; Giacomo ôte sa fausse barbe, la

houppelande et le bonnet Qamand aTec lesçpiels il vient de poser et les met sur une chaise.

MICHELA, entrant par la gauche. Me voilà, signor; je vous ai fait attendre. Giacomo.) Eh bien! où est-il donc?

JULIANI, regardant loujoiiis au dehors.

Ah I... la voici, je crois... non, non... MiCHELA, à qui le modèle montre Juliani, allant à lui.

Signer ..

JULIANI, sans la regarder Tu peux te retirer...

MICHELA

Hein?... comment?

JULIANI, la reconnaissant.

Ahl pardon, ma chère Michela, je croyais parler à Giacomo...

11 fait signe à celui-ci, qui repr. nd ses vêlemcns pendant ce qui suit.

uicHELA, à part.

Sa chère Michela... à la bonne heure, donc 1... {Haut.) J'ai été bien long-temps ; mais je viens du couvent.

JULIANI.

Oui, je sais, je vous ai aperçue...

BlICHELA.

Ah! oui, au fait... de cette fenêtre, et si vous aviez eu besoin de moi, vous pouviez me faire un signe, ça m'aurait obligée, car on n'a pas trop chaud, même à Florence, quand on cause dans un jardin, au cœur de l'hiver... et il y avait déjà près d'une heure queThérésa... [Juliani va encore regardera la croisée.) Thérésa, vous savez la femme du jardinier; je suis la marraine de son dernier, et, quand je vais voir mon filleul, impossible de m'en aller; c'est comme avec toutes les sœurs et leurs pensionnaires.

JULIANI, vivement.

Ah!... vous causez aussi quelquefois...

MICUELA.

Ahl je crois bien!... ahl ah! je crois bien! dès qu'elles me voient entrer, c'est une joie... Ah! voici Michela! bonjour, Michela I. . et alors elles me font jaser, babiller... il faut leur raconter tout ce qui se passe dans Florence.

On entend le bruit du canon.

JULIANI.

Ecoutez !...

GIACOMO, prenant vite son chapeau C'est le canon...

MICUELA, allant à la fenêtre du fond.

Et voici les juges du concours qui se rendent au palais du grand-duc.

JULIANI.

Allons, une heure encore, et mon sort sera décidé.

ClACOUO.

C'est vrai... bonne chance, signori...

Hsort.

MICHELA, JULIANI

MICHELA

Oui, dans une heure tout Florence célébrera votre triomphe et viendra vous couronner du laurier d'or.

JULIANI, tristement.

Moi!

MICHELA

Sans doute : le tableau que vous avez envoyé au concours est un chef-d'œuvre... Hier encore je m'étais glissée dans la foule qui se pressait au palais Pilli... un groupe nombreux s'était arrêté devant votre superbe descente de croix, et j'entendais répéter de tous côtés : Quelle vérité!... quelle vigueur! quelle richesse de coloris!...

JILIAM.

Us disaient celai... ah! s'il était vrai!... {regardant le jardin) je pourrais espérer peut-cire... {A paît.) Ahl Stella!...

MICUELA.

Espérer!... mieux que celai... vous dis-je... Un tableau admirable , pour lequel j'ai posé dix fois en Madeleine et soixante pour la Vierge...

JULIANI.

Bonne Michela 1... que ne vous dois-je pas pour tant de complaisance!...

MICHELA

Oh! ne parlons pas de cela ; je l'ai fait de bon cœur, et je suis toute prête à recommencer; j'oubliais même que j'étais rentrée pour cela.

C'est inutile , je vous remercie, il me serait impossible de travailler en ce moment; l'incertitude, l'espoir, la crainte ..

MICUELA.

Allons, allons, du courage donc!...

JULIANI.

Ah ! c'est que vous ignorez, Michela, que poui moi cetarrét qu'ils vont prononcer... {d'une voix sombre) c'est la vie ou la mort!...

MICHELA

Bonté divine! que dites- vous?

JULIANI.

N'importe, cette incertitude me tue, il faut que je sache...

MICHELA

Où allez-vous?

JULIANI, avec résolution.

Au palais.

Il sort pre'cipitammcnt.

IMATÉO, OU LES DEUX FLORENTINS

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