SCENE XVII
LONGUE-ÉPÉE , seul.
Ils vont l'assassiner!... Deux infâmes contre un enfant. .. Agnès restera l'ange au front pur... Meici à toi, destin qui les cliarges du meurtre.
SGEINE XVIII.
Le Même, LA COMTESSE^
LA COMTESSE, entrant y à un garde qui la suit. Déposez cette épée sur cette table. .
LONGUE-ÉPÉE. La comtesse... Oh!
malheur !
Le garde dépose l'epee et sort.
LA rx'MTEriSE. Mts ordres ont-ils été exécutés?
LO.\GLiE-ÉiÉE. Oui, madame.
LA CO'.ITESSE. Mes vœux seront-ils accomplis?
LO.\GUi:-ÉPÉE. Oui, madame; le jeune cuifiereur Liitr^ia llL'.c nuit tîans Constantinoplc.
LA co.MTLSSL. iM'jci... Dès cju'il sera venu, je lui rappellerai que 50û père te
LONGUE-ÉPÉE LE ^0RMA1S'D
devait uue récompense... et le jeune empereur te sigaera l'ordre de rejoindre les troupes d'Alexandrie avec le grade de capitaine...
LO\GrE-ÉPÉE. M'éloigner de ce palais...
l.\ COMTESSE, à pari. Il l'aime aussi!
{Haut.) îMon élévaliou à la souveraine tutelle excitera sans doute des troubles dans cette ville où le protosébaste Andronic a beaucoup d'amis. J'aurai besoin de soldais braves et fidèles pour détendre ma cause, et j'ai confiance en ton courage. A li pointe du jour, deux chevaux arabes et l'armure damasquinée seront prêts pour ton départ... cela sera le présent de l'empereur... voici le mien, regarde celte épée, c'est celle du brave Hugues de Monlfort, mon frère.
LONGUE-ÉPÉE. Son épée!. .
LA COMTESSE. Jeté la donne.
LO.\GUE-ÉPÉB. A moi ?
LA COMTESSE. Loug-temps j 'ai conservé ce précieux héritage pour un fils que j'espérais retrouver un jour. Aujourd'iiui de longues années ont tué tout mon espoir, et je ne puis remettre cette épée à un plus brave que toi.
LONGUE-ÉPÉE. L'épée du vaillant iMoiitfoit! oh! mais... j'en suis indigne, madame.
LA COMTESSE. Pourquoi? n'es-iu pas homme lovai ?
LONGUE-ÉPEE. Cette épée... madame...
c'est l'héritage d'un héros... c'est le souvenir d'un grand homme... et tpi'ai-je donc fait, moi , pour mériter tout cela?
LA COBITESSE. Sais-lu que , si je ne t'avais pas rencontré dans ce palais, j'aurais été forcée de charger un autre de la mission que lu viens de remplir, et que cet autre m'aurait trahie peut-être, qu'ilaurait pu livrer le secret de l'arrivée du jeune empereur et diriger contre lui les amis du protosébaset, des assassins? {Il fait un mouvenieiit.) Sais tu qu'Andronic, empereur, ferait demain tomber ma tète?
LOAGLE-EPÉE , cifrayé. Que dites-vous?
LA COMTESSE. Oh ! n'est-cc pas que cette idée glace d'horreur... et je viens, moi, le payer la discrétion qui m'aura sanv^ée.
LONGUE-ÉPÉE, se jrtant sur V rpée. J'accepte cette épéiî, madame.
LA COMTESSE. Qu'elle ne te serve que contre mes ennemis...
LONGUE-ÉPEE. Oui, contre VOS ennemis.
Il va pour sortir.
I.A COMTESSE, /'a•/t'/«rt^ OÙ veiiX-tU donc aller? [Minuit sonne. Minuit! entends-tu... {Aie^joie.) Le jeune empereur enlre dans Constanlinople.
I ONGLE-ÉPEE, aocc cpmwanle. M\nyni\
i.A COMTESSE. Ne i "éloigne pas... je veux le piésenter ù lui sitôt son arrivée. {Lui tendant la inaiu.) Viens avec moi l'attendre à la balle du uône.
Mie luoute la scène.
LONGUE-ÉPÉE. Oh! malheur! je suis un traître!. .
Uans la plus grande agitation, il la prend par la main et sort avec elle.
Le rideau tombe.