‹ Magasin théâtralChapitre 735 sur 1711 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MATÉO, puis MIGHELA.

UATÉo, seul.

Ah I je respire enfin ! {il élargit un peu le devant de soncorsage)'\\ y a silong-tempsque je n'ai joué un rôle de ce genre ; je ne me sentais pas à mon aise, et puis ce diable de corset me gêne des entournures j mais enfin le plus fort est fait, et maintenant quelques lignes à Michela, pour la prévenir de ce qui se passe. Ne pas oublier de mettre dans la voiture...

La porte du fond s'' ouvre , il s'arrête, prend une contenance et feint d'arranger sa robe.

MICHELA, à part.

C'est lui! {Elle avance.) Signera... {Matéo lui fait une grave révérence, elle Vimile) gignora Barbara, j'ai bien l'honneur...

MATÉO, la reconnaissant et quittant son air guindé. Ah! c'est vous, Michela; vous ne pouviez pas arriver plus à propos: qui vous amène ici? MICHELA, fouillant dans sa poche* .

Une lettre que j'ai reçue, elle est à mon adresse; mais comme elle vient de Livourne...

MATÉo, regardant l'adresse En effet, c'est de sir Reynolds; voyez si personne...

MICHELA, pendant que Matéo lit la lettre. Non; d'ailleurs qu'importe ? il n'est sans doute pas défendu à la signera Barbara de recevoir ses connaissances? Eh bien, que vous dit-il?

MATÉO

Tout va bien, sir Reynolds nous attend demain à Livourne.

MICHELA

Demain !

MATÉO

Oui, et nous y serons. [Mouvement de Michela.) Vous êtes sûre que votre oncle...

MICHELA

Blon oncle Jéronimo, je réponds de lui... ( faisant le geste de payer) avec... Mais vous parlez d'être demain à Livourne, et demain c'est un peu tôt.

MATÉO

llu'y a que soixante milles d'ici à Livourne, et avec une voiture, de bons chevaux et de l'argent; si vous en manquez, dites-le; sir Reynolds m'a laissé...

UICHELA.

Eh ! ce n'est rien de tout cela qui m'embarrasse, des voitures, des chevaux, ça ne manque pas, ça court les rues.

MATÉO

Eh bien?

MICHELA

Mais vous ne comptez probablement pas partir tout seul?

Allons donc !

MICHELA

Vous ne m'abandonnerez pas?

MATÉO

Pour qui me prenez-vous?

MICHELA

Eh bien! alors...

MATÉO

Alors, alors, partez, revenez me dire dans une heure : La voiture est là, au bout de l'avenue, e( moi, je me charge du reste.

MICHELA

Bah! le signer Juliani...

MATÉO

Allez...

MICHELA

Vous êtes donc sorcier?

MATÉO

Pourquoi pas le diable tout de suite?

MICHELA, reculant.

Ah! mais, ah! mais ne jouons pas avec ça, je suis bonne chrétienne.

* Celle scène doit être joue'e très-vivement et à demivoix.

MATÉO, OU LES DEUX FLORENTINS

MATÉO

Calmez-vous, ma chère Michela.

uiCHEiA, le menaçant comme pour le dévisager. Ne me touchez pas ! n'approchez pas!

MATÉO

Peste! je m'en garderai bien, je vois que vous êtes femme à vous défendre, et que Satan lui-même n'aurait pas beau jeu avec vous ; encore une fois, rassurez-vous, faites ce que je vous dis, je vous expliquerai tout ensuite, et vous serez la première à dire que Matéo est un fort bon diable.

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