‹ Magasin théâtralChapitre 845 sur 1711 · LORENZO, MARINO · texte numérisé non relu

LORENZO, MARINO

MARINO. Il est seul. Francesca n'a pi.

supporter encore le trajet; mais n'importe, je l'attends, et je puis toujours parler à Lorenzo.

LORENZO, à part. Le chancelier... Cachons-lui cet écrit. {Haut.) Ce n'est pa; moi sans doute que vous cherchez ici ?

MARINO. C'était vous-même, comte.

LORENZO. Votre haine a donc quelque occasion de se satisfaire en ma présence?

MARINO. N'y a-t-il que la haine qui puisse m'attirer auprès de vous?

LORENZO. Mais vous ne dissimulez à personne cette haine que vous me portez, pas même à moi.

JEANNE DE NAPLES

MARINO. Elle n'agit point, du moins.

par surprise. J'estime en vous, comte Lorenzo , l'officier que distingue une rare valeur; mais j'ai vu avec peine, je l'avoue, que la faveur de la reine, méritée peutêtre par vos faits d'armes, devînt, en vous choisissant, le sujet de tant de troubles dans le royaume.

i.OREXZO. Du moins votre conscience ne peut vous reprocher d'avoir contribué à mon élévation; depuis huit jours que je suis nommé camerlingue du palais, par la reine, je n'ai pu être reconnu en cette qualité, faute du titre que vous avez toujours refusé de sceller.

MARirvo. Ce refus était si peu le résultat d une haine personnelle , que je n'ai pas cru devoir y persister , voici ce titre qui vous manquait.

Il lui présente le papier, Lorenzo s'incline pour le prendre, puis il recule avec épouvante eu voyant 1 anneau au doigt du chancelier.

LOnE:vzo. Grand Dieul cet anneau à votre doigt. .. D'où vous vient-il? de qui le tenez-vous?

MARINO. Cet anneau, est-ce que vous le reconnaissez ?

LORE\zo. Permettez-moi de le considérer ; SI je ne me trompe, il doit y avoir un secret.

II laisse tomber le papier qu'il tenait à la main et se saisit avidement de l'anneau, sur lequel toute sou attention s'arrête; Marino ramasse le papier et le parcourt rapidement.

MARi.\o Qu'ai-je vu : 0 malheureuse Jeanne !

LOKENZO, pâle, agité, d'une voix romndsii'e et entrecoupée. Oui, cet anneau, c'est bien le sien... D'où vous vient-il?... Parlez!

MARINO. Tenez, vous laissez tomber un papier.

LORENZO. Qu'importe! qu'importe ! répondez-moi..., cet anneau?...

MARINO, à part. Ah lil l'aime toujours... Waples est sauvé.

LORENZO. IMais répondez donc !

MARINO. Cet anneau, il me vient..

[Apercevant la reine.) Dieu ! la reine il me vient d'Astolfo, frère de Fabrizio Bla- Jacarne. J ignore qui l'avait donné à ce dernier.

LORENZO. Cette pauvre Francesca ! elle 1 avait peut-être remis à quelqu'un avant de mourir Ah! donnez-moi cet anneau, seigneur chancelier.

MARINO, le reprenant. Je ne le puis encore ; mais voici la reine.

*Maiino, Loreui*

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