SCENE Vil
JEAINNE, OLIVIER, puis LORENZO.
JEANNE. Je suis reconnaissante , capitaine, de votre dévouement pour moi....
quelle récompense en voulez-vous?
OLIVIER. Le droit d'exercer pour ce jour de péril, les fonctions de capitaine de vos hommes d'armes, inoccupéesen ce moment, et l'honneur de protéger la droite de votre litière.
JEANNE. Mais c'est au comte Lorenzo qu'est réservé le privilège que vous demandez.
LORENZO, en entrant, a part. Tout ce cortège magnifique que je viens de voir, demain ce sera donc le mien., .mais, malgré moi ... ce que m'a montré Marino. . . ce souvenir me trouble...* ( A Jeanne.) Eh bien ! votre majesté n'ordonne pas le départ ?
JEANNE. Ce départ est différé. . . il faut d'abord, par mesure de prudence, que je ïhange de robe... le blanc est trop périlleux aujourd'hui.
LORENZO. C'est dommage, madame, car jamais je ne vous avais vue aussi belle!... {A part.) Où donc ai-je admiré une parure semblable...
JEANNE. Vous trouvez';'
LORENZO. Oui , je ne puis dire quel charme vous prête cette toilette à la fois simple et riche... ali!vous n'en devriez jamais porter d'autre.
* Lorenzo^ Jeanne, Olivier
JE.\NNE. Vraiment!... iA part.) Jamais il n'a paru aussi ravi à ma vue...
LORENZO. Eh! quelle raison pourrait donc vous faire quitter cette parure ?
JEANNE. Oh! rien... des chimères... des suppositions insensées, et, décidément, je la garde. {A part.) Au fait, ils ne me tueront pas plus avec une parure qui me sied bien qu'avec une autre.
OLIVIER. Ce qu'avaient obtenu les larmes d'un vieillard, au nom de tout un peuple, un mot de flatterie deLorenzo suffit pour l'empêcher... {J Jeanne.) Mais, madame...
JEANNE. Plus bas...
OLIVIER. Vous oubliez ce que vous avei promis au chancelier. . . songez au péril qui vous attend, aux balles que ce point de mire va attirer sur votre litière...
JEANNE. Des périls!., en effet... vous avez raison... il y aura danger auprès de moi ce soir. (Haut.) Lorenzo, je neveuxpas que vous m'accompagniez.... restez ici, Lorenzo, et j 'exige même plus, donnez-moi parole de ne pas sortir du palais jusqu à mon retour.
LORENZO. Mais pour quelle cause?
JEANNE. Plus tard vous saurez tout...
Ce que je demande, me le refuserez-vous?
LORENZO. Quepuis-je vous refuser, madame?...
JEANNE , à Olivier. Capitaine, je vous accorde ce que vous m'avez demandé, vous marcherez à droite de ma litière. {A haute voijû.) Que nul ne puisse entrer dans le palais... Adieu, Lorenzo... ( ^«5 ) je vais vous faire roi.
Elle sort.
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