‹ Magasin théâtralChapitre 853 sur 1711 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JEANNE, seule, assise à une table couverte de papiers.

C'est donc aujourd'hui... oui, tout-àl'heure je vais donner à Naples un roi, un maître à ma vie... mon Dieu !.. que mon cftroi dans ce moment ne me présage pas un repentir. . . je ne survivrais pas à la perte

d'une affection qui me coûte tant de sacrifices ( Se tournant vers les portraits.)

Et vous, jues ancêtres, toi surtout, mon frère Lailislas, verrez-vous sans colère cet officier de fortune siéger triomphalement dans votre palais?., ah! songez que, si le courage heureux a le droit de régner, c'est surtout dans Naples, où des soldats ont jadis fondé un royaume... L'archevêque

JEANNE DE NAPLES

ÎO

me secondera... il ne me manque plus pour faire Lorenzo roi... que lui-même... mais je ne puis partir sans lui, et depuis hier soir je n'ai pu le revoir une minute.... c'est le soin de ma sûreté qui me l'enlève sans doute... il faut donc régner en attendant!.. Qu'est-ce que ceci?., cette lettre n'est pas récente... ah! c'est la dernière de messire Jacques de Bourbon, datée d'un an... D'où vient que IMarino l'a remise aujourd'hui sous mes yeux ?.. ah I c'est que je n'y ai pas répondu encore... depuis si long-temps , c'est avoir été peu courtoise!., je dois adoucir envers lui mon refus par des marques de mon estime !.. {Elle écrit quelques mots.) Comment faire parvenir au prince... mais j'y pense, jnon capitaine des gardes est un Français de sa suite... (Elle sonne, un page paraît. ) Faites venir messire Olivier de Rieux... Oui, il se chargera de mon message, et en même temps je dois songer à récompenser personnellement ce brave capitaine.

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