‹ Magasin théâtralChapitre 861 sur 1711 · SCENE Xï · texte numérisé non relu

SCENE Xï

LE COMTE, SFORCE, JEANNE, Conseil d'état au Jund, puis IMARINO LORENZO, FRANCESCA.

SFORCE. Madame, l'arrêt du conseil, prononcé d'une voix unanune , est , poui les deux accusés, la mort !

JEANNE. La mort !

SFORCE. D'après l'ordre que vous avez donné vous-même, notre sentence est exécutoire à l'instant ; tout est prél pour le supplice dans la cour du palais , et les accusés vont y descendre.

JEANNE. Je ne ferai rien de contraire à mon serment, messieurs.

ALTAVILLA. Voici le comte Lorenzo , madame, qui passe avec son complice pour aller à la mort.

* JEANNE , bas au mnjordome. Amenez Francesca...(^tora;zrt.)Approchez, comte.

Il n'y a que l'amour qui se venge, et j'aurais trop de regrets de m'ètre vengée de vous. {A haute voicc.) Il est fait à notre chancelier pleine et entière grâce de sa peine, et celle du comte Lorenzo est commuée en un exil perpétuel.

SFORCE. Madame, vous ne pouvez ainsi violer votre serment. Dieu, qui vous l'a entendu faire, ne le permettra pas.

*Sforce, Altavllla derrièie lui; f.oienzo, Francesca, aa second plan; Jeanne, Marino, sur le devant.

ALTAVILLA Ct LE CONSEIL. Nou, nOn!

JEANNE. Vous ne m'avez pas permis d'à»

cliever; messieurs, de quel droit interrom-» pez-vous votre reine? Ce n'est point par moi que ces grâces sont accordées, elles le sont par un pouvoir plus fort que vous , connétable, plus fort que vous tous, plus fort que moi-même.

SFORCiî. Par qui donc?

JEANNE. Par le roi!., par Jacques de Bourbon , comte de la Marche, roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem, pnr Jacques de Bourbon, comte de la Marclu , mon maître et mon époux. A genoux , à genoux tous, à genoux devant lui... A genoux, moi la première.

Elle s'agenouille ainsi que tout le inonde. Olivioi s'élance vers elle et la velèvc.

Page 1