‹ Magasin théâtralChapitre 886 sur 1711 · SCENE PREMIEPxE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIEPxE

LAFOURAILLE, seul.

Feu mon digne père , qui me recommandait de ne voir que la bonne com[)agnie, aur;iit-il été content hier? toute la nuit avec des valets de ministres, des chasseurs d'ambassade, des toehers de princes, de ducs et pairs, rien que cela! tous gens bien posés, à l'abri du mallieur : ils ne volent que leurs maîtres. Le nôtre a dansé avec un beau brin de tille dont les cheveux étaient saupoudrés d'un million de diamans, et il ne faisait attention qu'au bouquet qu'elle avait à sa main, simple jeune homme, va! nous aurons de l'esprit pour toi. Notre vieux Jacques Collin .. Bon ! me voilà encore pris, je ne peux pas me fiire à son nom de bourgeois. Monsieur Vautrin y mettra bon ordre. A * ant peu les diamans et la dot prendront l'air, et ils en ont besoin : toujours dans les mêmes coffres , c'est contre les lois de la cir-

culation. Quel gaillard! il vous pose un jeune homme qui a des moyens. — Il est gentil, il gazouille très-bien, l'Iiéntière s'y prend, le tour est fait, et nous partagerons. Ali! ce sera de l'argent bien ga^né. Voila six mois q le nous y sommes. Avons-nous pris des figures d imbéciles ! enfia tout le monde, dans le quartier, nous croit de bonnes gens tout simples. Enfin, pour Vautria que ne lerait-on pas ? Il nous a dit : « Soyez vertueux, » on l'est J'en ai peur comme de la gendarmerie, et cependant je l'aime encore plus que l'argent.

VAUTRIN, appelant dans la coulisse.

Lafouraille ?

LAFOURAILLE.

Le voici ! Sa flgure ne me revient pas ce matin, le temps est à l'orale, j'aime mieux que ça tomba sur un autre, donnons nous de l'air.

11 va pour sortir.

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