‹ Magasin théâtralChapitre 936 sur 1711 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

L'ABBESSE, brndant ; MARIE.

MARIE, un livre à la main, écoutant à la porte du fond.

Ce n'est pas lui !

l'abbesse.

Assieds-toi, et continue ta lecture.

MABIE, s'a-^seyant et lisant.

« Jeanne d'Arc...» {Elle interrompt sa lecture, regarde nu fond et écoule, puis elle lit.) « Jeanne » d'Arc, poursuivie par les Anglais, allait rentrer » dans Compiègne, mais...» [Elle dépose le livre, prCic l'oreille, et dit.) Oh! cette fois, je ne me trompe pas ! {Elle va au fond, écoule et dit tristement.) Non, rien ; je n'entends rien, que le bruit des ventset de l'orage 1

lillc revient près de TAbbcsse.

l'abbesse, se Icvatit.

Je te l'ai dit, Jîarie: par le temps qu'il fait, depuis (luelqueslieiues, les chemins sont impraticables ; ton protecteur ne viendra pas de cette nuit; songe qu'il est une h.eure du matin, tu dois avoir besoin de repos,

MARIE

Non, madame, je vous assure, je veillerais volontiers jusqu'.iu jour. Vous savez qu'il ne m'a jamais manqué de [larole; il m'a écrit que je le verrais aujourd'hui, je l'altends, il viendra. l'accesse.

Tu l'aimes, n'csl-il pas vrai, d'une amitié bien >ivc?

MARIE

Oli! madame, comment ne l'aimerais-je pas ? c'est mon unique appui sur la terre.

l'abbesse.

r.t lu ne connais de lui que le bien qu'il t'afaitî

MARIE

Oui, madame; il n'a môme jamais voulu me

dire son nom.

l'abbesse.

Cela est étrange!

marie.

Toutes les fois que je l'ai interrogé sur lui et sur moi, il m'a dit que je saurais tout la veille du jour où il vous remercierait de toutes vos bontés pour sa protégée ; et ce jour n'est pas loin, car la dernière fois qu'il est venu, il m'a dit que peut-être il aie retirerait pour me prendre avec lui. l'abbesse.

Et tu n'as jamais cherché à deviner la cause du silence qu'il veut garder jusque la?

marie.

Oh ! souvent, madame, car je suis bien impatiente de savoir quelle est ma famille, et à quel titre ce noble seigneur me protège depuis si longtemps. Dites-moi, n'avez-vous jamais pensé qu'il pourrait bien être mon...*

l'abbesse.

Tu le voudrais?

marie.

Au prix de la moitié de mes jours, pou/ consacrer le reste à l'aimer, à l'appeler mon p re. Cela est bien, ma fille; ce sont là ('<; nobles et dignes sentimens; mais si ce bienf-'teura sollicité mes bontés pour toi, il t'a aussi recommandé la soumission et l'obéissance... il ne faut %ius l'attendre; va te reposer, ma fille, je le'.eui, je t'en prie.

MARIE

J'y vais, ma mère, mais je h".1s sûre de ne pas dormir... Bonne nuit, mamè.\;!

l'abbesse, la baiiani au front.

Je te bénis, ma fille.

MARIE, prt'i de la porte du fond, et poussant un cri à la vue de d'Orbendas qui paraît à celle porte. Ah ! {Elle se jeiledans ses bras, et puis le conduit à l'abbesse.) Je savais bieji, moi, qu'il viendrait!

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