‹ Magasin théâtralChapitre 951 sur 1711 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

FLAVY, rcyardant vers la porte de gauche.

Enfin elle est là 1 mes gens veillent et le manoir à ioul évcnemoRt serait bien défendu; mais elle ignore sa faniiiîe, et jusqu'au nom de son protecteur. Ce mystère est la preuve d'une naissance o'jscure, et cette protection qui n'ose s'avouer n'est pas fort à craindre... Que diraient cependant mes nobles compagnons d'armes, s'ils me savaient ici, moi, Flavy, occupé d'un amour de jeune homme! {Souriant.) Ils diraient que je finis par où les autres commencent. Il est vrai que j'ai commencé par où les autres finissent.

SCEXE Yiir.

'^WML, ri-Avv.

MAUic, de la jjurlc La.'ral <'..■ Wonscijincur!

* Flavvj d"UiLcr.Jas, rjclcliy.

FLAVir.

C'est vous, Marie?

MARIE

J'ai voulu prendre un peu de repos; mais cela est impossible, je suis si impatiente de revoir mon bienfaiteur!

FLAVY

Je rends grâce à cette impatience qui vous fait quitter votre solitude pour chercher la distraction. Parlez, belle Marie, manifestez un désir, il sera saîi:>fait, car tout ici va s'empresser a vous plaire. Pas un seul nuage ne passera sur ce front si pur, sans être promptement dissipé par nos soins. BlAniE, touchée.

Oh ! monseigneur, vous me rendez confuse... Qu"ai-je donc fait pour mériter tant de bienveillance ?

FLAVY

Le ciel a fait pour vous ce qu"il n'a fait pour aucune autre : il a épuisé ses trésors pour vous embellir ; il a placé sur vos lèvres un angélique sourire, dans votre voix un accent qui gagne le cœur, et dans vos yeux un charme qui attire et cependant impose.

MABIE, émue.

Oh! monseigneur, j'aime à vous entendre, je l'avoue; car je vois bien que c'est à lui, toujours à lui, à mon protecteur, que je dois vos paternelles bontés et vos bienveillantes paroles. Il vous aura dit, à vous, son ami, qu'il vous fallait me traiter comme il me traite lui-même, comme sa fille.

FLAVY, à part.

Tant de candeur ne mérite que des respects... (Haut.) Oui, Marie, oui, je veux le remplacer auprès de vous; je veux tout faire pour que vous ne regrettiez pas son absence. Je vous l'ai dit : elle sera peut-être un peu longue; mais comptez sur le dévoûment de son meilleur ami, de celui à qui il vous a confiée, pour vous distraire des chagrins que cette absence peut vous causer.

MARIE, troublée.

Son absence sera longue peut-être, dites-vous, monseigneur?... oh! voici une espérance et une crainte qui m'agitent également, et qu'il faui- que je vous dise.

FLAVY

Parlez.

MARIE, regardant Flavy avec agita lion.

Mon protecteur était à la veille de découvrir ma famille; il me l'avait fait pressentir en me demandant si je l'oublierais, lui, dans le cas où je retrouverais mes parens. Aujourd'hui j'habite le manoir d'un puissant seigneur; vous me prof!i:.-!ioz les bontés les plus touchantes , et quand vous me regardez, il me semble que vous êtes ému... {Très-émne.) Oh! s'il était vrai... si vous étiez (le n;a fumiilc, ce serait hic;; rrur! de im- ;>;'S !:;>■ îo dire à l'i-istaiiL... vous le voyez, je siiis prèle à tomber à vos genoux !

FLAVY

Calmcz-vous, belle Marie!

LE MANOIR DE MONTLOUVIER

UARIB.

Mais cette espérance de mon cœur est empoisonnée par une crainte. Peut-être que vous, monseigneur, ayant sur moi des droits que mon protecteur ne peut avoir, vous l'avez éloigné une fois que sa mission a été remplie ; vous avez craint que l'amour que j'ai pour lui depuis si long-temps n'empêchât de naître celui que ma famille doit attendre de moi, et vous m'avez séparée de lui peut-être pour toujours ! Oh ! s'il en est ainsi , monseigneur, vous vous êtes trompé... Oh! c'est que je ne puis pas plus vivre loin de lui qu'il ne peut, lui, j'en suis sûre, vivre loin de moi... Oh ! c'est qu'il a fait trop de sacrifices ; il a trop mis de son existence dans la mienne pour we pas m'aimer comme jel'aime. [Exaltée.] C csi que, voyezvous, mon père fût-il un roi et ma mère une reine, roi et reine de France, je ne consentirais à vivre près d'eux, je ne pourrais être heureuse près d'eux, qu'à la condition que mon protecteur, mon ami, le soutien de mon enfance vivrait auprès de moi.

FLAVT, à pan.

L'oubli sera difficile. [Haui.) Votre espérance et votre crainte n'ont point de fondement. Je suis l'ami de votre protecteur, voilà tout, et s'il vous a confiée à moi , c'est qu'il a pensé qu'arrivée à l'âge où vous n'êtes plus une enfant, et destinée au monde, vous deviez commencer à prendre d'autres habitudes.

MARIE, attendrie.

Bon protecteur 1 il songe à tout pour moi ! et il reviendra ? je le reverrai ?

FLAVT.

Sans doute.

MARIE , charmée.

Je le reverrai... merci, monseigneur, merci !

On m'attend dans mon pavillon ; je vous laisse seule pour quelques instans.

MARIE

Seule?... oh ! non, je vais penser à lui. FLAVT, à part, eti sortant.

Il faudra de la persévérance... Qu'importe! elle est si noble et si pure que ce serait encore du bonheur de rester près d'elle et d'attendre toujours !

Il sort par la porte du milieu, au fond. *'VW vwwwwvtwwwvwwtvwwvvwvivvvw \'v\w\vw\A\ www

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