MARIE, LA VICOMTESSE, MARTHA
MARTHA
Ciel! quoi! madame, votre fille?... Oh! mon Dieu ! je crains encore plus maintenant.
LA VICOMTESSE , tenant Marie dans ses bras.
Tu crains!... que crains-tu? j'ai ma fille. Dieu m'a rendu ma fille... Dieu a dit au malheur de s'éloigner de moi pour jamais... Tais-toi, je suis tranquille, je suis heureuse, Dieu le veut! Mon Dieu! merci, mon Dieu! [Elle presse Marie contre sa poitrine, et dit:) Oh! non, non, tu ne mourras pas!... Oh! va, va, je ne te perdrai plus!... MARTHA, bas à la Vicomtesse.
Vous oubliez donc , madame , l'amour de monseigneur?
LA VIC0:',ITESSE, si'rmni Marie avec lerreur.
Oh! oui, c'est vrai... j'oubliais... je remerci.iis Dii'u... fy*/ i' .s- f/f.v rr!(c:.'>;.-..-, A »./.'(/■;■." s. '. ^îiiiir, r:!;i tiiic, t;iiia c.iaii!., \n [iWi, , i;fi*.-j;-ri;:i.i i-cule.
idAUlL.
Vuu:, hLîcr?... Oh! c'est que maintenant, ma
mère, loin de vous, il me semble que j'aurai Deuf de tout.
LA VICOMTESSE
Laisse-moi... laisse-moi quelques instans.
MARIE
Vous laisser, ma mère, quand je vous vois si agitée!...
LA VICOMTESSE, la dévorant du regard.
Et crois-tu que ta présence me calme ?... Mais si tu restes là , ma fille , à la portée de mes lèvres et de mes regards , pourrai-je faire autre chose que te contempler, te presser dans mes bras , et oublier le danger qui nous menace?... Oh! non, laisse-moi... Ta vue précipite les battemens de mon cœur, ta vue me trouble, m'enivre, me rend folle, et jamais je n'ai eu plus besoin de toute ma raison.
J'obéis ; je vais prier, ma mère.
LA VICOMTESSE, à Marie, à voix basse, mais d'un accent animé.
Ta mère!... oui, je suis ta mère... mais ne m'appelle pas tout haut ta mère , ne dis à personne que je suis ta mère.
MARIE
Pourquoi ?
LA VICOMTESSE, de même.
C'est que bientôt tu serais sans appui sur la terre, si quelqu'un venait à savoir... c'est qu'il y a un homme qui me tuerait, s'il savait que je suis ta mère !
MARIE, vivement.
Oh! je vous le jure, je me tairai.
LA VICOMTESSE, toujours bas , en la pressant sur son cœur.
Mais je suis ta mère, au moins, entends-tu bien?... tu es ma fille, ma fille bien-aiméc!
Marie entre dans la pièce à gauche.
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