SCENE PREMIÈRE
MARIE, seule, triste et tremblante, sortant de la chambre à droite.
Pourquoi monseigneur m'a-t-il fait conduire ici, dans ce lieu élevé, dans le donjon de l'Aigle? Oh! malgré toute cette magnificence, j'ai le pressentiment qu'il doit s'y passer quelque chose d'horrible. {Désolée.) Et d'Orbendas qui ne vient pas ! et ma mère, où est-elle? Mon Dieu! seule, là, [désignant la chambre à droite) dans ma chambre, j'ai peur. {Regardant à la fenêtre de droite.) Que la nuit est profonde ! il me semblait entendre, sous cette fenêtre, au fond de cet abîme... [Elle regarde en bas.) On dirait comme une ombre immobile et debout à la porte du donjon... {elle recule de terreur jusqu'au fotid, et regarde dans l'escalier) et ici, un escalier tortueux et sombre comme le chemin de l'enfer.. ( Pleurant. ) O mes paisibles nuits de l'abbaye de Sainte-Thérèse, que je vous regrette! Là, je n'étais pas seule, et quand je m'éveillais, j'entendais autour de moi la douce respiration de mes compagnes, et je souriais à l'espérance des joies tumultueuses du jour.
On entend du bruit à la porte d'entrée à gauche ; Marie reste immobile de peur.
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