SCENE VI
PERKLNS, LA SENTINELLE, sur le rempart-, puis LE GAIIDIEN de la poterne.
PERKINS, dans la campagne:
Holà!... hé!... gens du rempart, faites ouvrir la poterne.
LA SENTINELLE
On n'entre pas à cette heure.
J'ai une lettre de passe.
LA SENTINELLE, Se tournant vers la scène. Oh! maître Jean, venez ouvrir la poterne.
LE GARDIEN
On y va ! on y va !
11 vient ouvrir la poterne» Perkins entre, il la referme.
PERKINS, lui montrant un papier.
Voyez, maître Jean... scellé du grand sceau d'Yorck et de Bourgogne, signé de madame la duchesse Marguerite elle-même.
LE GARDIEN, après avoir lu.
Parfaitement en règle, messire... Eh! mais quelles nouvelles de l'armée? car vous paraissez revenir de là.
PERKINS
Mauvaises, maître Jean... il n'y a plus d'armée.
LE GARDIEN
Vraiment!
l'KlUvINS.
M. de Warwick est tombé au pouvoir du roi Henry; mais en attendant, il ne faut pas moins continuer d'exécuter les ordres de ceux qui s(.nt encore nos maîtres.
LE GARDIEN
C'est trop juste.
Or, voici en quoi cela vous regarde. Je précède de quelques instans une noble fugitive accompagnée d un seul page; écha|)pée au massacre des siens, elle vient se mettre en sûreté derrière nos remparts. Vous allez vous tenir prêt à lui ouvrir la poterne.
LE GARDIEN
Ne peut-on savoir le nom de cette noble dame?
PEHKINS.
C'est sa grâce madame la duchesse Marguerite d'Yorck en personne.
LB GARDIEN
J'obéirai, messire.
PERKINS
Mais ici, maître, quoi de nouveau?
LE GARDIEN
Rien que de triste, messire, de bien triste.
PERKINS
Qu'est-il donc arrivé?
LE GARDIEN
Vous le saurez assez tôt, messire Perkins Warbeck.
I! rentre rlii'7. lui.