SCÈNE II
Les MÊMES, NAPOLÉON, Etat-Major.
Larrey...
Sire...
NAPOLÉON
LARREY
NAPOLÉON
Combien d'ambulances a-t-on établies'.1..
LARBEY.
Deux?..
> ItPOLÉON.
Peinent*elles suffire
LARREY
Parfaitement...
NAPOLÉON
Mais, il j a tant de blessés!..
LABRET.
Oui, Sire, mais il y en a beaucoup qu'il est inutile de transporter...
NAPOLÉON
C'est possible, Larrey; mais, il ne faut pasjes laisser mourir ici... Qu'on les emporte tous à l'ambulance; ce sera leur donner un dernier espoir... (Regardant autour de lui.) Oh ! comme la mort a passé par là !..
FARGEAU
Mon Empereur!..
Me voilà, que veux-tu ?..
FARGEAU
Vous voir du plus près possible ; ça sera la dernière foi...
NAPOLÉON
Ton nom?..
FARGEAU
Fargeau, sergent de voltigeurs, prévôt breveté au 6* de ligne...
NAPOLÉON
Oui, je le reconnais ; seulement, je ne me rappelais plus ton nom (A un officier, ) Je vous
charge de veillera ce que cet homme soit pansé sur-le-champ. Vous me répondrez de lui...
FARGEAU, à l'officier qui s'est approché de lui.
Laissez donc, Commandant, ce n'est pas la peine de vous déranger, je suis frit !..
NAPOLÉON
J'espère bien que non ; un prévôt comme toi ne se laisse pas abattre pour une botte qu'il n'a pas su parer à temps...
FARGEA1 .
Excusez! Touché en plein par un biscayen... Il faudrait être un fameux maître d'armes pour p arer un coup droit de ce calibre-là...
A toi l'épai lelle, à la première revue !..
FARGEAU
Si Je manque à l'appel, mon Empereur, ça
n'emnécuera pas < 6 de ligue de continuer à marcher crânement.. Et... Vive l'Empereur!..
NAPOLÉON, à un chirurgien.
Monsieur, je vois là des Autrichiens blessés... qu'on les soigne comme nos soldats français, entendez-vous?.. Après la bataille, il n'y a plus d'ennemis; là, ou l'on souffre, une voix domine toutes les autres, c'e3t la voix de l'humanité !....