ON OFFICIER
Pauvre enfant!..
\ LPOLÉON.
Qu'y a-t-H, Monsieur?..
L'OFPiCIEB.
Sire, c'est un petit tambour, un enfant qu'on va portera l'Ambulance...
NAPOLÉON
Un enfant, un tambour!., où est-il?..
l'officier.
Là, Sire...
(Il lui désigne Germain dont on s'approche.)
NAPOLÉON
Pauvre petit!..
GERMAIN
Mon Empereur, ne vous inquiétez pas; le major a dit que ça ne serait rien...
NAPOLÉON
Et comment as-tu été blessé?..
UN COMMANDANT, s'avançant.
Sire, en battant la charge avec une intrépidité...
NAPOLÉON
Ah! vous voilà, Monsieur... Je vous parlerai tout à l'heure... oui, c'est cela, cet enfant restait;; son poste, on marchait en avant, tandis que le bataillon s'arrêtait et perdait son aigle!.. (A Germain.) Ouest ton père?., ouest ta mère?..
GERMAIN
Mon Empereur , mon père a été tué a Marengo.., ma Mère est cantinière au 9' de ligne...
napoléon, à un officier.
Monsieur, qu'on aille à l'instant chercher la mère de cet enfant, le régiment est à trois lieues d'ici... qu'on l'amène à l'ambulance, près de son 111s... Quand à toi, que veux-tu?..
GERMAIN
Puisque vous faites venir maman, mon Empereur, me voilà content...
NAPOLÉON
Jeté donne la croix...
GERMAIN
La croix!., la croix d'honneur!..
Oui, mon enfant, oui, tu l'as gagnée, et aussi bien qu'un vieux soldat... Je veux que tu la portes tout de suite... Les enfansne savent pas re... tiens!., voici la mienne...
GERMAIN
Ah! mon Empereur, mon Empereur !.. (On l'emporte.) Qu'est-ce qu'ils vont dire?.. Je voudrais voir M. Romeuf, le tambour-maître et le vieux caporal Fleury !.. Je veux marcher, laissez-moi marcher !..
NAPOLÉON, au commandant, après avoir fait signe à sa suite de s'éloigner.
Approchez, Monsieur... Votre bataillon a faibli pendant le combat...
LE COMMANDANT
Sire, les ennemis nous serraient de si près qu'il nous à été impossible d'exécuter nos feux avec ensemble...
NAPOLÉON
Toujours des prétextes, des excuses...
LE COMMANDANT
Sire, ce n'est pas de ma faute si je ne suis pas tué!..
NAPOLÉON
Vous ne comprenez pas?., vos soldats ont eu peur...
LE COMMANDANT
Sire, je crois avoir fait mes preuves et lorsque Votre Majesté me...
NAPOLÉON
Est-ce que je ne sais pas depuis long-temps que vous êtes un brave... vos soldats ont faibli un instant, et personne ne peut se vanter de n'avoir pas eu peur, au moins une fois dans sa fie... comprenez-vous maintenant?..
LE COMMANDANT
Sire, la moitié du battaillon gît autour de nous, et j'étais venu m'en assurer...
NAPOLÉON
Parbleu ! je sais bien qu'on a réparé un moment d'hésitation : vos soldats ont pris deux drapeaux!.. Le collet de votre habit est tout déchiré... qu'est-ce donc?..
LE COMMANDANT
Sire, je ne sais... quelque balle peut-être.
NAPOLÉON
Et cette épaulelte, elle est bien écrasée?.. (A l'État-Major. ) Approchez Messieurs... voyez donc ! (Il montre le collet de l'habit et les épaulelte? du commandant.) Voyez donc comme le commandant se présente devant nous... il faut changer cela... (au commandant.) Vous direz à Berlhier de vous amener demain près de moi, après vous avoir donné la croix d'officier et des épau- Jettes de major...
LE COMMANDANT
Sire...
A demain!., venez. Messieurs... (A un soldat qui s'est levé et qui s'efforce de marcher.) Eh bien ! que fais-tu, où vas tu?..
LE SOLDAT
Ah bah! c'est des bêtises de flâner par terre pour une balle dans l'estomac...
NAPOLÉON
Prwrôi carde! va ne peux plus marcher !..
LE SOLDAT
Je marcherai...
NAPOLÉON
Appuie-toi sur moi !.. (Il lui donne son bras sur lequel le soldat s'appuie. Les blessés se soulèvent en criant.) Vive l'Empereur.
(Napoléon s'éloigne lentement au milieu des acclamations des mourrans et de tous les blessés. — Tableau.
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JVeuvièane tableau.
Aux Tuilerieo. — Le cabinet de l'Empereur.