SCÈNE XL
Les Mêmes, CATHERINE.
CATiu i;im:, n'approchant entieeux deux.
Dieu veut, mon roi, que rous soyez sauvé!
,i kCQl ES. Catherine!
ROBERT, à part. Elle écoutait !...
CA.THEB.INE. l'ont à l'heure, mon prince, vous vous êtes adressé an cœur de l'épouse, cœur noyé dans un abandon qui a tué sa pensée intime, car il ne bal que des battements d'un antre. Mais depuis , vous avez parlé au cœur de la iillc, de la Lille qui a ioule
sa force etson filial amour, vous ayez repoussé de terribles conseils, vousvous ôtes condamné pour épargner la femme de votre fils, vous m'avez, appelé votre fille, el je veux mériter ce nom, moi, que le roi Jacques lll vienl défaire de sa royale famille; et je \ons sauverai,
mon père!
.1 \<:ui es. Me saliver!
CATHERINE. J'annulerai mon mariage!
.! ICQUES. Toi, Catherine!
Catherine. Quand les pères se résignent à mourir pour détourner le poignard qui menace les entants... les enfants doivent au moins parer lecoupqui mettrait dans le tombeau les pères qui les ont sauvés... Pour détruire mon mariage, j'irai sans retard abjurer ma religion. Baptisée par lespères d'Irlande, mon union avec Henry sera nulle par la force des lois, car je serai de\ enue catholique !
JACQUES. Tu feras cela?
CATHERINE. Non pas demain, mais à cette heure... et je vais partir... \ ous direz à Henry la cause de mon départ et de mon dévouement... Vous songerezà ma fille... à ma fille, dont je vais m' éloigner!...
JACQUES. Ta fille sera la joie de ma vieillesse! et nous lui apprendrons comment Dieu a donné à sa mère le pouvoir de disposer d'un trône !
CATHERINE. Et vous apprendrez aussi à votre (ils, que je ne dois plus revoir, un secret que, depuis sept ans, je n'ai jamais voulu lui confier, car je craignais qu'il se perdit en cherchant à venger sa mère, prèsde laquelle j'étais seule quand elle expira.
JACQUES. Toi, Catherine!... et que t'a-lelle dit?
CATHERINE. Que celui qui venait de la frapper était un simple capitaine écossais , qu'une trahison venait d'anoblir et d'enrichir.
ROBERT, à part, avec épouvante. Que dit-elle?
CATHERINE. Et vous pourrez le trouver, sire ?
j VCQUES. Oui, Catherine. De tous mes capitaines d'alors... celui-là seul peut avoir maintenant un titre de noblesse... Oui, depuis sept ans, il n'y a pas eu de guerre... aucun combat n'a pu anoblir un capitaine écossais... celui qui est noble aujourd'hui ne peut l'être (pie par le crime !... sou titre me livrera l'infâme!.'.. Quoi!... mon trône... ma vengeance en un jour!... Seigneur, mou Dieu! vous m'avez fait oublier déjà mes sept années de captivité !.. .
CATHERINE. Maintenant, le jour s'achève ; il faut (pie je me hâte de partir avJnl de revoir Henri ou mou frère... il ne faut pas que j'aie le temps de songer à ma fille... mon Henriette !... le courage pourrait m'abandoii-
ner, <■! je ne veux pas (pic le courage m'abandonne... \dieu !
i \< .;i es. .le veus l'accompagner, Catherine, et te dire quelques mots encore. Viens! (A Bobert.) Vous \o\ez, capitaine, (pie j';u bien fait d'épargner celte femme et de mettre, en Dieu ma confiance. Utendez-moi, je vais revenir, et nous nous rendrons a Edimbourg, où maintenant je dois trouver ma couronne et ma vengeance, et vous m'aiderez à chercher l'assassin, (pie je frapperai du (bâtiment des traîtres!... Viens, ma fille!
CATHERINE. Venez, mon père!
rient par le fond.