SCÈNE IV
Les Mêmes, CATHERINE, soutenue par PATRICK.
Henriette , apercevant mère!...
Catherine. Ma
Catherine, lui tendant les bras. Henriette!...
Henriette, se jetant clans ses bras. Sauvée!...
Patrick, à Charles. J'avais dit que je la sau vrais, moi...
Henriette. Ma mère, venez... reposezvous... (Catherine s'assied.) Mon Dieu, qui me l'avez rendue... conservez-la?
Catherine, assise. Ne tremblez pas... je suis sauvée. Tant d'espoir me soutenait, que mon cœur battait avec force dans le cercueil.. . avant qu'on le fermât sur moi, j'avais embrassé ma fille. . . je venais d'entrevoir mon frère... et j'attendais patiemment ma délivrance.
Charles. Mais comment se fait-il que le duc...
Patrick. Le duc croit ensevelir Catherine. Henriette. Mais quel prodige ?
Patrick. Quand je vis entrer le duc Robert dans la chapelle , un éclair subit traversa mon cerveau... Il avait à peine franchi le seuil... et salué l'autel, que déjà j'avais deviné ses projets, transporté sur le cercueil voisin le ruban et la médaille qui seuls désignaient celui de Catherine... Et Robert abusé s'agenouillait attentif derrière le cercueil que je venais de décorer ainsi. Sitôt la bénédiction achevée, aidé d'un ensevelisseur qui m'était dévoué, j'emportai le cercueil ignoré de ma sœur. Nous l'entrâmes dans les premières broussailles que nous trouvâmes. Bientôt Catherine me tendait les bras en rendant grâce à Dieu... et je la tenais serrée contre mon cœur, lorsque nous entrevîmes à travers les arbres le cortège qui croyait suivre la sœur d'Irlande; et quand il fut passé, j'entraînai Catherine de ce côté, car j'espérais l'y amener dans les bras de sa fille.
Henriette. De sa fille qui vous doit aussi la vie, car elle n'aurait pu survivre à sa mère. Patrick. Et maintenant... pour achever noire œuvre, il faut réussir à sortir d'ici... Pauvre sœur... pourras-tu marcher en t'appuyattt sur nous?
CATHERINE, se levant. Oui, je serai forte... puisque le ciel fait pour nous un miracle.
PATRICK. Mais Si tu est rencontrée...
CHARLES, désignant la droite. Par ce chemin... il v a des sentiers déserts...
PATRICK. Nous ne les connaissons pas...
Charles. Je vais les explorer d'abord, vous tracer un passage, et je reviendrai pour vous servir de guide.
Patrick. C'est cela... allez! (Charles sort par la gauche. A Catherine. ) Et demain , sœur, taudis que lu recevras de ta fil!e, de notre belle Henriette... les soins qui devront achever de te rendre à la vie... ton frère Patrick
2fi
î\l \(; \SIN THÉATISM..
prouvera «pi** lu es innocente du crime dont on a osé ['accuser.
cviiierim;. Tu te prouvera??
PATRICK. Oui, sœur... Thomas, qui revient
ipcès dix-huit ans d'esclavage... apporte une preuve qui ne l'a jamais quitté; il pourra Résigner le coupable, qui existe encore, et Comme le ciel t'a rendu la lille... peut-être lui rendrait-il son lils...
CATHERINE. John?...
PATRICK. QUfl je cherche... Mais ne parlons pas de cela, Catherine... la tête, maintenant fatiguée, apprendra plus tard toutes nos espérances et toutes nos craintes. ..
HENRIETTE. L'on marche de ce côté...
c'est Charles, peut-être...
PATRICK,, allant voir au fond. Trois hommes semblent venir ici... oui, ils se dirigent de ce coté , il faut les éviter, Catherine.
CATHERINE, se levant. Comment?...
Patrick. Allez vous agenouiller dans quelque coin de cette chapelle... hàlez-vous.
Catherine et Henriette entrent dans la chapelle. Trois hommes affublés de manteaux et masqués paraissent au fund et entrent en scène.