‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1092 sur 1577 · U\C\ST\ THEATRAL · texte numérisé non relu

U\C\ST\ THEATRAL

CATH1 i:im . Mon Dieu!

j.\( <.»i es. El quand une Lettre du comte Robert m'a appris que, conseillé par plusieurs de jin > hauts seigneurs, il a\;iii secrètement enipoisonné Catherine pour lui éviter les horreurs du supplice, je devins la proie d'un sombre désespoir, et d'une fièvre épouvantable qui m'aurait tué, peut-être, si Chai les n'était venu me révéler ta miraculeuse dé]i\ nuire!...

CATHERIm:. Vous, sire?...

jvcques. Tu veux que je t'avoue mes terribles combats? Eh bien! oui, Catherine, je gardais dans mon cœur une secrète espérance qui sans cesse s'éteignait devant la fatale' évidence... et renaissait toujours comme l'espoir au cœur d'un naufragé...

CATHERINE. Que dit-il?

JACQUES. Et si j'ai jadis refusé de m'allier àla princesse d'Angleterre, si j'ai* fait la guerre pour rester libre... c'est (pie malgré moi le souvenir de Catherine remplissait mon cœur" d'amour, de haine, de doute et de teneur... Et ce combat, que je me livrais depuis si longtemps, durait encore, terrible et douloureux, quand je t'ai revue tout à l'heure. Et maintenant que j'ai entendu ta voix suppliante , l'heure est venue pour moi de me délivrer enfin de cette lutte, où mes secrets efforts se brisaient contre l'impossible... et de te dire, Catherine, que je te crois innocente.

CATHERINE. .Merci, mon Dieu!

JACQUES. Oui, remercie Dieu, Catherine, qui permet que je puisse te le dire en te tendant les bras...

Catherine , se jetant dans ses bras .

Henry!...

jacqdes. Pauvre innocente victime, que ferai-je pour te venger ?

CATHERINE, pleurant. Il faut d'abord sauvei- mon frère. . .

JACQUES. Oui... et plus tard nous puni- ' rons le coupable, s'il existe encore.

Catherine. Il existe, puisqu'il vient de ! s'emparer de mon frère pour le contraindre au silence.

Jacques. Et comment cela?

CATHERINE. Tout à l'heure, ici, trois hommes Masqués sont venus forcer mon frère à les suivre, en le menaçant de faire, tuer son lils que depuis dix-huit ans ils ont eu en leur pouvoir, s'il n'obéissait pas ; et pour le salut de son lils et pour le mien sans doute aussi, mon frère s'est résigné.

Jacques. Quoi! depuis di\-liuit ans on a brisé, mutilé ceux que j'aimais, on m'a séparé d'eux...

Catherine. En mettant entre nous le doute et la malédiction.

Jacques. Oh ! je vous vengerai tous en me vengeant moi-même.

Catherine. Oh ! ne dites pas encore le

mot vengeance; si (es coupables vous entendaient... ils tueraient aussitôt et Patrick et

son lils.

JACQUES. Tu as raison, nous serons encore forcés de nous taire... et de lest herchrr dans l'ombre...

CATHERINE. Il faut qu'ils ignorent mon salut.

JACQUES, Oui, car ce sont eux qui ont sans doute conseillé à Robert l'empoisonnement de Catherine, el Robert, L'ancien ami de mon père, a cru devoir l'accomplir aveesoninexorahle justice; mais nous le convaincrons que trompé par les coupables, il frappait l'innoceiitr, et Robert indigné se hâtera de nous guider sur les pas de ceux qui croyaient trouver leur salut dans la mort de Catherine et le silence de son frère.

CATHERINE, indiquant au dehors. Mais voyez donc, sire.

JACQUES, regardant. Mais... c'est lui...

le duc Robert... encore ici... je vais l'attendre et causer avec lui sans le prévenir encore... Laisse-moi..

CATHERINE. Henry... cet homme semble être mon ennemi...

JACQUES. Il l'était , Catherine, et le plus impitoyable de tous, quand il te croyait par ■ ricide; mais il te sera dévoué quand il saura ton innocence .. Va, rapproche-toi de notre fille, et tout à l'heure à la nuit nous sortirons inaperçus de ce cimetière.

Catherine, allant vers la chapelle. Sirie... justice... et surtout prudence!

Jacques. Ceux que je veux sauver ne doivent-ils pas composer la famille du roi d'Ecosse, isolé dans son royaume... Force et confiance, amie, ne pleure plus...

CATHERINE. Oh! ne me reproche pas ces pleurs, Henry, cène sont plus ceux du regret et delà douleur... et voilà dix-huit ans que j'attendais que le ciel me permît une de ces larmes qui ravissent et qui consolent.

Elle entre avec le Roi dans la chapelle.

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