‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1111 sur 1577 · SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

SCÈNE YIII

EDITH, DICKSON, CHRISTIAN, trois Soldats.

CHRISTIAN

Allons, vous achèverez votre ouvrage plus tard. Debout, et qu'on nous serve, à boire et à manger/ car nous mourons de faim, de soif et de fatigue... on serait harassé à moins, depuis une heure que nous parcourons dans tous les sens l'impur repaire de Milnwood sans pouvoir traquer le loup et les louveteaux qui s'y cachent.

Edith, à part.

Grand Dieu !

Dickson, à part.

Les scélérats!

CHRISTIAN

Mais, à propos, qu'ai-jc appris?... votre mari a osé, dit-on, crier contre le don d'un terrain que m'a fait le protecteur pour récompenser mes services à la bonne cause, et, à ce qu'on a ajouté, il a l'intention de le revendiquer... Si je savais que ce fût vrai... A-t-il donc oublié que déjà autrefois ma haine justement arméecontrelui eteontre vous-même?...

ON soldat.

A table d'abord, brigadier, vous vous expliquerez après.

Edith, à part.

Je tremble. [Haut.) Ne croyez pas cela, on vous aura trompé sans doute.

CHRISTIAN

Je l'espère pour lui. [Il frappe avec colère sttr la table avec son sabre.) Mais où est-il? diteslui que je veux lui parler.

réniTii.

11 est absent. Mais, je vous en supplie, ne parlez pas si haut : près d'ici est ma fille bien malade.

LE SOLDAT

C'est bien! donnez-nous à boire et à manger.

CHRISTIAN

Et promptement, car nous sommes pressés de continuer nos recherches. (A Dickson.) Et toi, drôle, approche-nous ces sièges.

Dickson, à part, regardant Christian de travers.

Drôle !

EDITH, le poussant, lui fait signe de se taire ; il

approche des sièges de mauvaise grâce; tousse

sont assis.

\ nus êtes sen is.

il SOLDAT, fendant son verre à Dickson.

Allons, mon jeune échanson , verse-nous à boire.

Dickson lui arrache le verre et le jette par terre.

VfAGASIH THÉ lTB -I.

i i>i ru, effrayée.

Dickson !

1 Soldats font un mouvement de colère.

Christian, assis.

Arrêtez!... l'insulte d'un valet de basse-cour peut-elle nous atteindre? (A Edith.) Est-ce là tout ce que vous avez à nous donner?

EDITH

Je n'ai rien autre chose.

CHRISTIAN, se levant.

C'est ce que nous allons voir.

i DAT.

Et gare aux provisions, si nous mettons la main dessus! [Ils ouvrent tout.) Rien!

CHRISTIAN

Ici peut-être...

Il se dirige vers l'alcôve.

Edith, à part.

C'en est fait du comte! [Courant à Christian, ■ et se plaçant entre lui et l'alcôve.) N'entrez pas! n'entrez pas! là est mon enfant mourant! Christian, rudement, entr' ouvrant rapidement le rideau.

Un berceau d'enfant!

EDITH

Vous ne voulez pas tuer ma fille !

Christian et les Soldats reculent. Edith s'appuie défaillante contre l'alcôve.

CHRISTIAN

Nous perdons notre temps ici, vous le voyez bien, camarades... un coup de cette mauvaise bière seulement, et en chasse au lord de Carlisle! le caporal Tob Harper, qui nous a rejoints ces jours derniers seulement, est à sa poursuite, mais il ne connaît pas assez ces cantons.

Il jette son gobelet après avoir bu.

LE SOLDAT

Allons !

Christian, s' approchant d'Edith.

, Sans adieu, mistriss; et dites bien à votre mari

que la colère du Seigneur est levée contré lui. et

qu'il fasse attention à ses moindres paroles. En

route... partons.

LES SOLDATS

En route.

Ils jettent leurs verres et renversent leurs ■ :

vont pour sortir, David entre suivi de Dominus.

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