‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1215 sur 1577 · DE MARANS, D'ORVILLIERS · texte numérisé non relu

DE MARANS, D'ORVILLIERS

de MABANS. Qu'est-ce que cela signifie?... te voilà de retour et tu laisses tes amis recevoir ta fiancée?

d'orvilliers. O mon ami ! je suis bien malheureux! mon avenir est perdu, mon existence est vouée à la douleur, à tous les supplices.

de MARANS. Comment! ton amour pour Henriette d'Entragues serait-il passé comme tant d'autres?... est-ce que lu ne l'aimes plus, d'Orvilliers?...

d'orvilliers. Moi... cesser de l'aimer 1 aujourd'hui plus que jamais elle m'est chère... dans cet amour, dans cette union, j'avais placé toutes mes espérances... et il faut y renoncer!...

de marans. Renoncer ? tu es fou... la preuve qu'on ne te refuse pas, c'est qu'elle est ici avec sa famille.

d'orvilliers. Plût au ciel qu'elle me refusât! je ne serais pas condamné à lui dire : Henriette, tout est fini entre nous, je ne peux pas, je ne veux pas vous épouser.

de MABANS. H est donc Mai... lu oserais rompre... Quels que soient les motifs, un tel éclat n'aura pas lieu... la raison, ton amour, le devoir te le défendent

d'orvilliers. Ah! si je n'écoutais que mon amour, j'oublierais les larmes, le désespoir des unîtes; mais toi aussi tu me parles de devoir.. . Eh bien ! c'est pour lui que je me sacrifie, c'est à lui que je vais obéir.

de .marans. Le diable m'emporte si je te comprends!... Fncore une fois, pourquoi n'épouses tu pas celle que tu aimes?

d'orvilliers. Pourquoi!... parce qu'il faut qu'aujourd'hui même je soit le mari d'une autre.

de marans. D'une autre?

d'ouvilliers.

Air : Je n'ai pas vu ces bosquets de lauriers. Tu t'en souviens, dans nos folles amours,

JEAN-BAPTISTE

Quand nous n'avions ni scrupule ni honte... Nous nous disions : Ça passe, allons toujours... Ces jours passes, mon ami, Dieu les compte... Non, rien, hélas ! rien ne reste impuni, Tout est pesé dans la juste balance.

Apercevant dans le parc Jean-Baptiste qui vient avec Catherine*.

Tiens... de là-bas vois-tu venir ici?

DE MAUANS.

C'est Jean-Baptiste, ton ami.

d'orvilliers.

C'est mon châtiment qui commence !

Suis-moi, tu sauras le reste!

Il entraîne de Marans à droite.

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