D'ORVILLIERS, CATHERINE
D'ORVILLIERS, s' approchant de Catherine.
Mademoiselle...
Catherine, avec épouvante. Grand Dieu!
c'est vous, monsieur !
d'orvilliers. Ecoutez-moi... par pitié...
écoutez-moi.
Catherine. Moi... vous écouter... je n'ai rien à entendre de vous, et je m'étonne que vous osiez reparaître devant moi.
D'ORVILLIERS. Je sais ce que vous pourriez me dire, mais ne m'adressez aucun reproche... ceux que vous me feriez n'égaleraient pas mes remords.
Catherine. Je n'exige rien, monsieur, ni regrets de votre faute, ni réparation ... la seule grâce que j'implore de vous, c'est dem'épargner la douleur de vous voir...
Elle fait un mouvement pour sortir.
d'orv [LLIEBS, la retenant. Arrêtez, mademoiselle, et ne me repoussez pas quand je viens à vos genoux VOUS demander votre main.
CATHERINE. Ce mariage... je le refuse, monsieur.
^ D'ORVILLIERS. Et cependant, il faut qu'il s'accomplisse pour que mon fils ait un nom, pour que vous soyez honorée, pour que mon frère ail une réputation sans tache
CATHtRlNE. Moi... unie à vous. .. jamais?
d'orvilliers. Ah ! laissez-moi tout vous dire. .. (Jette union n'existera que pour le monde, c'est une barrière que j'oppose au mépris qui ne devait pas vous atteindre, et non pas votre existence que j'enchaîne à la mienne... en devenant ma femme, vous ne cesserez pas d'être libre... aux yeux de tous, vous serez la vicomtesse d'Orvilliers... mais pour moi, une étrangère digne de mon respect , envers qui je répare un crime involontaire, par le sacrifice du bonheur de ma vie.
Catherine. Monsieur...
d'orvilliers. Je vous en conjure, laissez bénir ce mariage. .. laissez-moi assurer votre sort... celui de votre enfant... du mien , madame... et, je vous le promets sur l'honneur, ' à l'instant même je vous quitterai, et vous ne ; me reverrez plus; mais du moins le vœu de mon frère sera accompli , et peut être alors retrouverai -je un peu de cette estime que j'ai cessé de mériter.
Tumulte en dehors.
Catherine. Mais, quel est ce bruit?
D'ORVILLIERS, à port. Je devine... c'est l'effet de ma lettre à mademoiselle d'Entragues. (Haut.) Ne vous alarmez pas, ceci n'est affligeant que pour moi... je vous ai dit que je vous sacrifiais mon bonheur... en voici la preuve.
En ce moment, on voit passer au fond la famille et tes invités de M le d'Eutragues donnant les signes de la p'.us violente agitation.
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D'ORVILLIERS, CATHERINE, DE MA- RINS, DTENTRAGUES, Officiers.
DE MARANS. Ecoutez-moi , monsieur d'Entragnes.
d'entragues. Non... je n'écoute rien...
c'est d'Orvilliers qu'il me faut... où est-il?... Il se cache !
d'orvilliers. Vous vous trompez... me voici.
d'entragues. Ah! enfin...
de HARANS. Du calme, morbleu, du calme.
D'entractes, le a ous croyais assez d'audace, monsieur le vicomte, pour insulter tes gens en face... et non par lettre, comme si vous avid peur. Nous deviez bien penser, monsieur, que vous ne m'échapperiez pas.
D'ORVILLIERS. Je n'attendais que le départ de votre famille pour aller vous chercher moi-même.
d'entraxes. Faire ce sanglant outrage à un nom comme le nôtre... et pour qui, je vous le demande! [Désignant Catherine.) Pour mademoiselle sans doute... pour une fille de rien.
JEAN-BAPTISTE
d'orvilliers.* Arrêtez, monsieur, et chapeau bas... N'oubliez pas que vous êtes devant madame la vicomtesse d'Orvilliers. . .
Catherine, à part. Suis-je assez humiliée!
D'ENTRAGUES.EUe.votre femme!. .. Et vous disiez hier encore que vous aimiez ma sœur.
d'orvilliers, avec effort. Eh bien, non... je ne l'aime pas... je ne l'ai jamais aimée.
d'entragues. Ah! c'en est trop... et cette dernière insulte. . .
de marans, se mettant entre eux. En gentilshommes, messieurs, en gentilshommes !
d'orvilliers, avec calme. De Marans a raison. .. Un mot d'explication suffira pour rétablir la bonne harmonie entre nous... N'estce pas votre avis, chevalier d'Entragues?
d'entragues. Je suis à vous, monsieur.
Ils se dirigent par le fond, et repoussent pour sortir Madelaine et Libois qui allaient entrer.
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