‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 125 sur 1577 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HAILLOT, assis près de la cheminée, JÉRÔME, puis JACQUELINE.

JÉRÔME

Voilà encore des soldais qui entrent dans le village, à ce qu'il paraît...

nAILLOT.

Oh ! il en viendra suffisamment...

JÉRÔME

Est-ce que vous croyez, M. Haillot, qu'on va se battre bientôt, de nouveau ?..

HAILLOT.

J'en ai quelque idée... Pourquoi?..

JÉRÔME

Parce que nous sommes une trentaine dans le village qui avons tiré quelques coups de fusil autour de Montmirail; et nous voudrions recommencer, tout paysans que nous sommes...

IIAILLOT.

Ce n'est pas de refus... Puisque les Russes, les Prussiens, les Autrichicnset autres Cosaques, se gobergent dans notre boutique, c'est naturel de taper dessus, dans tous les coins et recoins...

JÉRÔME

Savez-vous qu'ils se sont diablement avancés?..

IIAILI.OT.

Assez comme ça... Ils n'ont pas fait uneétape

de cette longueur, dans le temps, en 91?.. Mais, bah! on a voulu tout changer!..

JACQUELINE, entrant.

Ah! ah! M. Haillot, j'en apporte un peu de tabac, et du bon!..

n AILLOT.

Ça me va... je fumerai une pipe...

JACQUELINE

Tenez!., je suis allée tout exprès au fin fond du village pour vous apporter ça... Et je suis bien sûre que notre maîtresse, M°" Thibaut, ne grondera pas; elle aime que les militaires, qui sont logés ici s'y trouvent bien et contens....

HAILI.OT.

Il n'y a rien à contrôler relativement au bivouac...

JÉRÔME

Ah! voici la mère Thibaut...

MMWMMWNMMNMNMWatMMMtMMMMWNini»

Les Mêmes, EA MÈRE THIBAUT.

LA MÈRE THIBAUT

Bonjour, mes enfans, bonjour... Tu n'es donc pas aux champs, Jérôme?.,

JÉRÔME

Oh! ma foi, mère Thibaut, c'est le moment de laisser un peu l'ouvrage de côté... Tout le pays est plein de troupes; l'Empereur n'est pas loin, et on dit qu'il va y avoir encore des coups de canon... Tout ça fait qu'on n'a pas l'idée à soigner les choux et les carottes...

LA MÈRE THIBAUT

Il n'y avait pas de lettre, à la poste, Jacqueline?..

JACQUELINE

Non...

LA MÈRE THIBAUT

Allons, c'est bien cruel pour une mère, de ne plus savoir où est son fils... Mon pauvre Julien! dire qu'il vient tant de militaires par ici, et qu'il ne viendra pas, lui!..

JÉRÔME

Faudra voir, mère Thibaut, faudra voir!..

LA MÈRE EHIBAUT.

Ah ! mon Dieu, je n'ai pas cette espérance.... Personne ne m'en donne des nouvelles... Voilà M. Haillot qui ne sait même pas où est le régiment de Julien...

HAILLOT.

La cavalerie, voyez-vaus, je ne la fréquente pas, et votre petil-fils y est inclus en qualité de maréchal-Jes-logis, à ce que vous m'avez dit.... le jeune homme reviendra... Me voilà, moi, et je puis dire que j'en ait fait de ces étapes...

LA MÈRE TAIBAUT.

C'est que je suis trop vieille pour l'attendre encore loug-temps...

JACQUELINE

Laissez-donc, Mme Thibaut, vous êtes faite pour vivre jusqu'à cent ans... D'ailleurs, on dit que l'Empereur arrêtera la guerre un de ces jours, et même qu'il passera par ici...

LA MÈRE THIUAUT.

L'Empereur !.. je voudrais le voir !.. Vous l'avez vu, sans doute, M. Haillot?..

HAILLOT.

Comme je vous vois, et souvent, dans les temps surtout, avant qu'il ait autour de lui une troupe de particuliers tout cousus d'or et de diamans des pays étrangers... Enfin !..

JACQUELINE

Voilà un cavalier qui s'arrête à la porte de la ferme... Tiens! j'ai l'idée que c'est le même qui était un ami à vous, M. Haillot, et qui a resté deux jours ici...

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