SCÈNE II
C WT.'CHE , dans la chaumière , SATHA- NIEL , AZÉLLE, RÉGAILLETTE,
RAYMOND, en dehors.
sathaniel. Courage , nous approchons.
bégaillette. En voilà un de pèlerinage!
si seulement nous savionsoà nous en sommes.
Raymond. Les habitants de ce pavillon nous l'apprendront sans doute.
RÉGAILLETTE. Et ce galopin du Canuche , comme il vient au-devant de nous.
Satbaniel frappe à la porte de la chaumière.
canuche , ouvrant de grands yeux. Je crois qu'on a frappé un peu... [Sathaniel frappe plus fort.) Oui, ma foi, on a frappé...
Il referme les yeux.
SATHaniel, frappant de nouveau. Ouvrez, ouvrez de grâce...
CANUCHE. Hein, qui va là?
rayaiond. C'est la voix de Canuche !
Régaillette , refondant. Mais c'est nous... nous... Régaillette, Azélie, Raymond.
CANUCHE, sans se déranger. Ah! bon...
bon!... je connais!
régaillette. Mais ouvrez... dépêchezvous donc !
canuche. Poussez la porte.
Sathamel. Elle est fermée !
canuche, sans se déranger. Ah!
Raymond. Ouvre donc, nous mourons de froid dehors.
CANUCHE. Tiens, c'est drôle... il fait si bon dedans... Ah ! le bon feu... le bon feu...
Raymond. Canuche ! est-ce que tu n'entends pas?
canuche. Tournez la bobinette... la chevillette cherra.
régaillette. Mais, monstre que vousê'es, il n'y a pas plus de chevillette que de bobinette... Ouvrez, ou je vous arrache les yeux.
CANUCHE. Ah! mes amis... mes pauvres amis... je plains votre malheureux sort... mais je ne peux pas vous ouvrir.
régaillette. Vous ne pouvez pas... et qu'est-ce qui vous en empêche?...
RAYMOND, regardant parla serrure. Mais, Dieu me pardonne, il est couché !
canuche. Justement... et je suis si bien... si bien... que je ne peux pas me déranger.
sathaniel. à part. Je devine... un piège de la Paresse... mais nous sommes à deux de jeu, ma mie...
11 lève son bâton ; le lit sur lequel est Canuche se change en banc de pierre, et le banc, de pierre sur lequel est Régaillette se change en lit; de plus, la chaumière tourne et change de place; Sathaniel, Azélii . Régaillette, Raymond se trouvent dedans, tandis que Canuche est dehors couché sur le banc.
Raimond et azélie. O ciel ! par quel miracle ?
canuche, se croyant toujours dans son lit et dormant. Ah ! que je suis donc bien... que je suis donc bien...
régaillette. Que vois-je ?... un lit... du feu. . .
azélie. Mais comment sommes-nous entrés ici?
sathaniel. C'est moi qui viens de vous ouvrir la porte.
canuche , frissonnant en dormant.
Brrrou... brou... il y a des courants d'air.
Raymond, allant s'asseoir. Ah ! je succombe à la fatigue.
régaillette. Et moi , je succombe au sommeil.
canuche. Mais il vient des vents coulis... dans cette chambre... j'ai froid... que j'ai froid! (Se réveillant.) Mon lit me paraît moins mou... et il me semble... (Se levant sur son séant. ) Eh bien... Eh bien...
quoi donc? et mon pavillon et mon
lit... et mon feu... Ah ! mais je regrelotte... (Allant frapper à la porte.) Ouvrez... ouvrez, au nom du ciel !
sathaniel. Qui est là?
canuche. Moi, Canuche!
régaillette. Ah ! bon... bon... je connais...
canuche. Ouvrez, dépêchez-vous !
sathaniel. Poussez la porte.
canuche. Elle est fermée... ouvrez donc, je meurs de froid.
régaillette. Ah 1 le bon feu... ah! le bon feu...
canuche. Régaillette!... ma petite Régaillette!
régaillette. Tournez la bobinette, la chevillette cherra. D'ailleurs , je suis trop bien pour me déranger.
Elle s'endort sur le lit.
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