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SCÈNE III

Les Mêmes, LA PARESSE.

la paresse , entrant du côté où se trouve

LES SEPT CHATEAUX DU DIABLE

Canuche. Que vois-je ? mon pavillon changé de place... ce jeune homme délivré...

camjche. MamzelJe Azélie!

azélie, allant pour ouvrir. Ah ! j'ai pitié de ce malheureux !

sathaniel, l'arrêtant. Pas de pitié pour les mauvais cœurs.

la paresse. Sathaniel!... Ah ! je devine tout.

CANUCHE , allant s'asseoir sur le banc. Mais j'ai l'onglée... mais je ne me sens plus rien de rien...

LA paresse. Voilà pour te réchauffer...

Le banc de pierre reprend sa première forme, et la chaumière revient à sa place, seulement l'autre ne change pas, de sorte qu'il se trouve deux chaumières.

canuche. Mon lit.. . mon feu... ah ! je me redorlote, redorlotons-nous... bon Dieu.

Canuche se couche et s'endort.

azélie. Que vois-je?... ma sœur... Raymond !

sathaniel. Ils ont déjà succombé au sommeil.

azélie. Et moi-même, je ne sais... l'air qu'on respire dans ce pavillon...

sathaniel. Prenez-y garde. .. si nous nous arrêtons plus de deux heures ici, la nuit nous surprendra dans les montagnes.

azélie. Oh! je ne dormirai pas.

sathaniel. Pauvre enfant, toujours seule à lutter.

la paresse , qui est entrée dans la chaumière où se trouvent Sathaniel et Azélie. Du monde chez moi.

azélie. Une paysanne.

sathaniel, à part. La Paresse!

azélie. Nous étions fatigués, nous avions froid , ce pavillon était ouvert...

la paresse. Et vous avez bien fait d'y entrer... seulement, vous avez eu tort de ne pas vous reposer plus convenablement.

sathaniel. Quel est son projet ?

LA paresse , montrant Raymond qui s'est endormi. Voyez donc ce pauvre garçon qui dort sur cet escabeau... Oh ! là, l'ami...

Raymond, s' éveillant. Qui m'appelle?...

que me veut-on ?

LA paresse. Vous donner un lit plus convenable... A deux pas d'ici est la demeure d'un seigneur châtelain qui m'a ordonné de tous offrir l'hospitalité. .. venez, venez, vous serez là plus à l'aise qu'ici.

azélie. Mais nous ne devons nous arrêter que quelques instants ; il faut qu'avant la nuit, nous ayons atteint le prochain village.

la paresse. Je me charge de vous y conduire à temps ; suivez-moi, mes amis... Je réponds de tout.

sathaniel, à part. Et moi, je veille sur eux...

sathaxiel à Azélie.

Air : T oyageuses.

Pauvre voyageuse, Restez vertueuse ; Vous serez heureuse Une fois là-bas.

Pendant le voyage, Si gronde l'orage, Que votre courage Ne faiblisse pas.

Aux deux sœurs.

Toujours, pauvres filles, Jeunes et gentilles, Pensez au bon Dieu !

Adieu (ter ). au revoir, adieu.

Azélie, Raymond et la Paresse sortent en répétant : Adieu, etc.

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SCÈSE IV.

SATHANIEL, seul en scène, RÉGAILLETTE et CANUCHE, couchés.

Ils dorment de chaque côté du théâtre.

sathaniel. Allons. .. la lutte est engagée, et si nous restons ici plus de deux heures, Satan triomphe , ces pauvres jeunes filles sont perdues... et moi, je retourne en enfer... De par tous les diables, il m'en sera pas ainsi... Canuche d'un côté... Régailleltede l'autre... ils ne dormiront pas longtemps, troublons un peu leur doux sommeil...

Deux petits diablotins grimpent sur les deux lits, et armés de demoiselles de paveurs, ils frappent sur l'estomac de Canuche et de Régaillette.

canuche, ouvrant le yeux. Hein?

qu'est-ce que ça?... mais qu'est-ce qu'il fait donc, ce monsieur?

régaillette, de même. Oh! là là... oh!

là là... oh! la là !

canuche. Mais, monsieur... on ne pave pas ici... ceci n'est pas la voie publique !...

Les deux diablotins disparaissent.

canuche, se levant à moitié. Tiens, mais je dormais donc?...

régaillette, de même. Ah! j'avais le cauchemar... je rêvais de vous, Canuche.

canuche. Et moi, de vous , ma Régaillette.

régaillette. Que nous sommes heureux d'avoir rencontré ces deux pavillons!

canuche Et ces excellents lits donc...

mon bon petit oreiller... comme je suis bien là-dessus. Ma tête se repose moclleusement, comme c'est doux... hum! hum ! hum ! (// enfonce plusieurs fois sa tête dans l'oreiller, mais à la troisième, Sathaniel a fait un signe, et à la place de l'oreiller , c'est un fagot qui reçoit la tête de Canuche.) Oh! qu'est-ce que c'est que ça... comment! un fagot... (Le jetant sous le lit.) Je le croyais mieux rembourré, mon oreiller.

régaillette. Ah ! mes paupières s'appesantissent de nouveau.

canuche. Je sens mes yeux qui se referment.

Sathamel. Attendez, je vais les rouvrir, moi.

régaillette. Pourvu que mon feu ne s'éteigne pas... je crains de me refroidir.

canuche. J 'aurais dûjçtermon fagot dans la cheminée, j'ai peur d'avoir froid en dormant.

SATHANTEL Je suis là pour vous réchauffer. Soyez donc heureux tout à fait.

Il fait an signe; les deux lits sur Ipsijuels sont Régaillette et Canuche se changent en brasiers ardents. Salhaniêl sort.

RÉGAILLETTE. Ah ! qu'il fait chaud.

canuche. Oui, hien chaud, bien chaud...

Régaillette, finissez... vous me chatouillez... Réuaillette !

régaillette. J'éprouve le ^besoin de me retourner.

Elle se retourne.

canuche, de même. J'ai trop chaud de ce côté là.

régaillette. Mais j'ai trop chaud aussi de ce côté-ci.

Elle se retourne.

canuche, se retournant. Ah ça, mais, je cuis des deux côtés.

régaillette , se levant. Mais je suis sur le gril.

canuche, se levant. Mais je rôtis comme une alouette.

RÉGAILLETTE et CANUCHE, Se Sauvant.

Ah 1 ciel, quevois-je ?... au feu !... de l'eau, au feu...

Ils sortent en courant. Le théâtre change.

Septième Œûbleau.

L'Avariée. — le corridor.

Le théâtre représente un corridor formé de plusieurs portes au premier plan : une à droite , une au milieu et une à gauche. Au-dessus de celle du milieu on lit : Temple de la Fortune. Dans le milieu de ladite porte, une tète de lion , dont la gueule doit s'ouvrir. Au-dessus de la porte à droite , deux cornes d'abondance dans lesquelles il y a deï bourses d'or. (Les indications droite et gauche sont prises du public )

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