SCÈNE VII
NAPOLÉON; puis, KRETTLY.
NAPOLÉON
Voyons... plus que jamais, il faut de l'activité dans la pensée, de la promptitude dans l'exécution... (Krettly entre, portant une carte.) Là, sur cette table... krettly !..
KRETTLY.
Mon Empereur...
NAPOLÉON
Nous allons bientôt nous remettre en route...
KRETTLY.
Très bien, mon Empereur, surtout si c'est pour une bataille...
NAPOLÉON
Tu n'es donc pas fatigué de te battre ?..
KRETTLY.
Jamais...
NAPOLÉON
Va!.. (Krettly, sort.) Où les attaquer, où les vaincre à présent?.. Ah ! si je pouvais frapper un grand coup, si je pouvais les tenir tous en présence de mon armée réunie !.. C'est maintenant une guerre de détails; oui, je les harcèle, je les inquiète, je trouble quelquefois l'ensemble de leurs mouvemens : Voilà tout... (Regardant la carte.) Et il n'y a pas moyen de fixer, là, sur cet échiquier, un point où jouer la partie décisive ! Je n'aurai donc pas une de ces grandes journées où s'accomplit le sort des peuples et des rois !.. Ces luttes extrêmes où rien ne reste incomplet... Austerlitz, Wagram, Marengo!.. Allons... je les attaquerai, là, à Mcntereau; je les batterai encore, et puis, je... je verrai ce que m'inspirera le moment, car le moment ne peut tarder où la fatalité prononcera !..
(Il se penche de nouveau sur la carte, absorbé dans ses réflexions. — Julien ouvre uneporteet entre.)