‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1312 sur 1577 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, moins CLARISSE et Mme GER- VAlS*.

GUILLAUME, voyant sortir Clarisse. Hein I quelle femme ! vous a-t-ehe une tête et un cœur !

gai. ou, qui s est rapproché avec les autres ouvriers sur le devant de la scène. Après tout... le pair on a de la don lie, il peut perdre., .si nous reparlions du blanc, hein?... les éinojioBS, ça m'altère.

Bakrili.on. Tu ne vois donc pas le chagrin de ce pauvre monsieur Armand?

Galou. Raison de plus pour prendre un doigt de consolation... à son intention!.,. Vcnej donc**!...

Il entraîne les Ouvrier-;, et ils entrent dans le cabaret à pas de loup.

Armand. Que faire maintenant? que devenir ?

martial. C'est désolant!

GUILLAUME. J' voulais pas vous laisser sortir, moi lj! voulais pas vous donner la clef !... Si vous aviez été là, de vot' chambre, audessus de la caisse, vous auriez pu entendre, donner l'éveil !...

Armand. Oui, je me serais fait tupr peutêtre, niais ce vol n'aurait pas été commis ! C'est ma fatale absence qui a tout fait !...

Guillaume. Qui vous perd, quiruiue votre avenir !

martial. Combien je regrette de vous avoir entraîné, retenu !

Guillaume, frappé d'une idée. Eh ben, non! (oui n'est pas désespéré I

Armand et MARTIAL. Comment?

Guillaume. Il vient de m' pousser une idée flambante *** !

Armand. Laquelle, Guillaume? parlez vite !

Guillaume. Monsieur Martial!... vous êtes pour quéqu' chose danS tout cela, vous!

MARTIAL. Hein?

Cabot fait aussi un mouvement.

GUILLAUME. C'était pour un bien, je lésais; mais [»as moins c'est vous qui avez entraîné l' jeune homme. Eh bien , si c'est vrai qu' vous soyiez son ami, faut l' tirer de ce mauvais pas.

MARTIAL. Moi!

* Cabot, au fond, Guillaume, Mathieu, Martial, Armand.

** Cabot. Martial, Armand, Guillaume.

*'* Cabot, Martial, Guillaume, Armaud.

Guillaume. Écoutez, monsieur Martial.

Hier j'ai é é brutal, butor même avec vous... je vous en demande excuse.

MARTIAL. Je ne pense plus à cela, mon brave homme !

guillaumk. Pour lors je m' risque, et je unis dirai sa«>ô phras-s : Monsieur Martial, voilà un garçon perdu, chassé... Ah! c'est tout comme, j' connais le patron.. . ben heureux encore s'il ne l'accuse pas!

ARMAND. Qui? moi?... Oh ! ce serait affreux !

Guillaume. Vous avez promis à monsieur Annan I une bonne place avec de beaux bénéfices... eh ben, faut la lui donner lout de suite, et avec ce qu'il gagnera, il remboursera ce qu'il a fait perdre au père Laroche! C'est ça nue niée !

MARTIAL. Sansdoute, ce serait un moyen... et je me trouverais heureux de rendre st-r- , vice cl monsieur Armand dans une si pénible circonstance; mais je suis forcé de vous le dire, cette place que j'avais cru pouvoir vous promettre...

armand. Eh bien?

MARTIAL. Je viens d'apprendre, en vous quittant, que notre principal actionnaire en avait disposé pour son (ils.

ARMAND. Grand Dieu! tout à la fois!

GUILLAUME, froidement. J'aurais parié qu' ça finirait comme ça... ( Vivement.) Eh ben, c'est un petit malheur! la place est promise, il s'en passera, il gardera la sienne ici ; elle en vaut bien d'autres... mais ça dépend devons. Allons, monsieur Martial, un gail.ard qui a des voitures, des domestiques et des gants serins, n'doit pas être embarrassé pour trouver quequ's billt-ts d' mille... 4

ARMAND. Guillaume!

GUILLAUME. Avancez-lui la somme, il vous la rendra aussi vrai (pie Dieu est bon ! Monsieur Laroche ne saura rien, et tout sera arrangé !

cabot, à part. Plus souvent! Les billets pris au bureau, on n'en rend pas la valeur!

Guillaume. Ça y est-il?

marital. Je suis désolé... tous mes fonds sont engagés.

Guillaume. Mais cependant*...

armand. Assez, Guillaume, assez! votre bon cœur m'a exposé à un relus pénible, mais qui ne me décourage pas! J'ai d autres amis!

Guillaume, avec chaleur. Oui, vous en avez d'autres ! des bons ! des vrais!

armand. Ils consentiront, je l'espère, à me prêter leur appui! Mais mon devoir en ce moment est de rester ici; d'attendre le retour de monsieur Laroche, de m'exposer à sa colère, à ses justes reproches! Ce devo;r, je saurai

* Cabot, Martial, Armand, Guillaume.

LE CANAL SAINT-MARTIN

le remplir avec résignation! Adieu, monsieur; j'ai cru un instant à votte amitié...

Guillaume. Pas moi !

aiîmani). Je sais à présent le cas que j'en dois faire !

Il rentre dans le chantier.

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